Tuberculose, de la forme latente à la forme active
Une équipe américaine pense avoir découvert le mécanisme expliquant que certaines personnes infectées par le bacille tuberculeux ne passent jamais de la phase latente à la phase active de la maladie.
Jusqu'à présent, nous ne disposons d'aucun moyen de repérer au sein des sujets qui hébergent le bacille tuberculeux (Mycobacterium tuberculosis), ceux qui vont développer une forme active de la maladie et ceux chez qui l'affection va rester latente.
Les investigateurs ont comparé les profils d'expression génique de vastes bases de données de patients ayant une tuberculose latente, une tuberculose active et de sujets témoins sains.
A leur grande surprise, ils ont constaté plusieurs différences importantes dans les profils des sujets. Ils ont en particulier constaté que chez les sujets porteurs du bacille tuberculeux, les formes latentes étaient les plus fréquentes chez ceux qui avaient les taux les plus élevés d'interleukine 32. En laboratoire, les expérimentateurs ont par ailleurs montré que l'IL-32 était capable de stimuler le système immunitaire de façon à permettre de tuer les bactéries responsables de la tuberculose, mais seulement en présence de niveaux de vitamine D suffisants.
Globalement, les différences constatées suggèrent que les sujets avec une tuberculose latente bénéficient d'une activation de leur système immunitaire qui sous l'influence de la vitamine D, favorise la libération de peptides antimicrobiens par les macrophages, ce qui jugule la croissance bactérienne et empêche le passage à la forme active.
Cette constatation d'un rôle de la vitamine D est d'autant plus intéressante que la prévalence de la tuberculose est la plus élevée en Afrique et en Asie, où les populations ont la peau foncée et ont donc naturellement tendance à moins bien absorber les rayons UV. Des taux inadéquats de vitamine D seraient ainsi potentiellement responsables d'une moins bonne protection contre la tuberculose active. Une piste à suivre.