Polyarthrite rhumatoïde: existe-t-il un lien entre la destruction de l'articulation et l'épaisseur intima media carotidienne?
Polyarthrite rhumatoïde et morbi-mortalité cardiovasculaire sont intimement liées. La cause première serait l'inflammation qui fait le lit de l'athérosclérose. L'idée est d'établir un lien entre la mesure de l'épaisseur intima media carotidienne et le DAS28 pour améliorer le suivi des patients arthritiques à risque cardiovasculaire.
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est associée à une morbi-mortalité accrue due à la maladie cardiovasculaire. Ce risque accru ne s'explique pas seulement par les traditionnels facteurs de risque (dyslipidémie, tabagisme ...). Dans plusieurs études, une corrélation positive a été établie entre l'activité de la maladie, des marqueurs inflammatoires élevés (VS et CRP) et une mortalité cardiovasculaire. On peut penser que l'inflammation conduit à une activation et une dysfonction endothéliale à considérer comme la première étape d'une athérosclérose. Cette athérosclérose sous-clinique peut être mesurée par une méthode non invasive de l'épaisseur intima média carotidienne (CIMT).
Pas de lien entre CIMT et mTSS
La cohorte1 comporte 34 patients avec une PR et 31 sujets contrôles. Les critères sont le DAS28 ESR, l'échelle visuelle analogique VAS, un index de handicap et le questionnaire HAQ. L'épaisseur carotidienne est directement mesurée par doppler ultra-sons haute résolution. La progression radiologique est appréciée par le score modifié de Sharp/van der Heijde (mTSS). Contrairement à ce qui était attendu, le score mTSS et la CIMT ne sont pas significativement associés. On observe que la vitesse de sédimentation, la CRP, l'épaisseur gauche et droite carotidienne et l'épaisseur moyenne sont significativement augmentés dans le groupe patients. Une corrélation positive existe entre le score CIMT moyen et l'âge, les taux de CRP, de LDL-cholestérol et de triglycérides. Dans un modèle de régression où l'épaisseur moyenne est une variable indépendante et l'âge, les taux de CRP, LDL et triglycérides sont des variables dépendantes, l'âge apparaît comme un facteur prédictif indépendant de CIMT. Pour les auteurs, les patients souffrant de PR doivent faire l'objet d'un suivi attentif de leur risque cardiovasculaire et des comorbidités reliées à l'âge.