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Alcoolisme : suivre les connexions à la trace...

La substance blanche paie un lourd tribut à l'abus chronique d'alcool. Grâce à l'imagerie du tenseur de diffusion (DTI), il est possible de traquer le trajet des neurones.

Pierre Dewaele - 2 septembre 2014

La DTI est basée sur l'imagerie par résonance magnétique. Elle permet de calculer, en chaque point de l'image, la diffusion de molécules d'eau puisque ce que l'on suit habituellement, ce sont les ions Hydrogène (H+). Cette technique permet d'évaluer et de quantifier in vivo les tissus affectés par la dépendance alcoolique et leur éventuelle réparation chez les patients abstinents ou leur déclin lors d'une récidive.

Certains participants à l'étude présentaient différentes pathologies médicales ou neuropsychiatriques, mais d'autres connaissaient un vieillissement normal. Les patients diagnostiqués avec une dépendance alcoolique ont rencontré les critères du DSM-IV. Les patients témoins ne répondaient pas aux critères de dépendance ou d'abus d'alcool ou de drogues.

Voir les axones malades...
Les chercheurs ont donc soumis à la DTI 56 témoins et 47 personnes alcooliques 2 à 5 fois dans un délai de 1 à 8 ans. Ils ont ainsi pu déterminer les changements et les différences entre les groupes. Cette étude s'est étendue de 2000 à 2011. La fraction d'anisotropie (FA) a connu une forte diminution avec l'âge. Pour mémoire, l'anisotropie mesure la diffusion des molécules d'eau le long des fibres et est restreinte perpendiculairement à celle-ci. Cela signifie que ce que l'on peut voir à l'imagerie est l'axe de l'axone. La fraction d'anisotropie mesure donc la santé de l'axone, en particulier par rapport à l'ensemble de la diffusion. Sa valeur est comprise entre 0 et 1. Plus elle est proche de 1, meilleure est la diffusion axonale. Les patients alcooliques présentaient quant à eux une FA très inférieure aux patients non dépendants à l'alcool.
Durant le suivi, 57% des patients alcooliques sont devenus abstinents, 21% ont recommencé à boire légèrement et 21% ont recommencé à boire de manière importante (>5 kg d'alcool/ an).

Arrêter est bénéfique
Il est intéressant de remarquer qu'en dépit du fait d'une baisse de la FA chez les alcoolodépendants et la régression due à l'âge, les abstinents ont pu rejoindre les patients non-alcooliques alors que la récidive alcoolique a eu un impact négatif. La diffusion est totalement anormale dans le groupe des patients ayant continué à boire. Chez les " gros " buveurs, les résultats montrent un vieillissement accéléré. Les microstructures du corps calleux sont affectées, mais pas la macrostructure. Enfin, les chercheurs ont aussi déterminé que les projections affectées concernaient les structures cérébrales supérieures et antérieures.

Arrêter de boire permet de recouvrer un état à peu près normal de la structure cérébrale avec une réorganisation et une restauration de la gaine de myéline. En revanche, recommencer à boire affecte sévèrement cette microstructure avec une accélération du vieillissement.

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