Troubles bipolaires : penser aux jeunes parents...
Les troubles bipolaires d'un individu apparaissent souvent au sein de familles déjà atteintes. Ils se caractérisent notamment par des déficits au sein du système de récompense. Cependant, on ne sait pas s'il s'agit d'une cause ou d'une conséquence de cette maladie.
C'est pourquoi des chercheurs ont tenté de déterminer les anomalies du processus neural chez les enfants de familles à risque de troubles bipolaires. Les enfants étaient inclus si eux-mêmes ne présentaient pas ou n'avaient pas présenté de troubles psychologiques.
L'étude a été réalisée sur base d'IRM chez des enfants de 8 à 15 ans nés de parents bipolaires (n=20). Ils ont été comparés à 25 enfants à bas risque. Les chercheurs ont étudié l'activité et le comportement des enfants à haut risque et à bas risque de manie. Les enfants étaient soumis à une tâche leur permettant de gagner ou de perdre de l'argent. L'étude s'est déroulée entre 2009 et 2012.
Qui perd, gagne ?
Lorsque les enfants à haut risque anticipent la perte d'argent, ils présentent moins d'activation dans le gyrus cingulaire que leurs homologues à faible risque. Lorsqu'ils reçoivent une récompense, les enfants à haut risque ont plus d'activation dans le cortex orbitofrontal latéral gauche que les autres. Par ailleurs, les enfants à haut risque présentent également une connectivité fonctionnelle plus faible entre le gyrus cingulaire et le cortex préfrontal que leurs homologues lorsqu'ils arrivent à anticiper la possibilité de recevoir une récompense.
Enfin, et uniquement chez ceux à haut risque, il apparait que la recherche de nouveauté est associée à une activation du striatum alors que l'amygdale est active lors de l'anticipation des pertes. L'impulsivité est, elle, associée à une augmentation de l'activité au niveau du striatum et la réception de la récompense à celle de l'insula.
Cette étude suggère donc que des troubles au niveau du cortex préfrontal sous-tendent probablement le dysfonctionnement du processus de récompense chez les enfants à haut risque. Les auteurs estiment néanmoins que d'autres recherches sont nécessaires afin de déterminer si ces tendances peuvent prédire l'apparition de troubles maniaques ou d'autres troubles de l'humeur chez ces enfants.