Les antidépresseurs durant la grossesse favoriseraient l'hyperactivité chez l'enfant
C'est en cherchant à confirmer un lien supposé entre l'exposition in-utero aux antidépresseurs et la survenue de l'autisme chez l'enfant à naître que des scientifiques du Massachusetts General Hospital ont trouvé une autre conséquence : la prise d'antidépresseurs par une femme enceinte, surtout pendant le premier trimestre de sa grossesse, pourrait augmenter le risque d'hyperactivité chez l'enfant.
Cette conclusion provient de l'analyse statistique des données de santé d'un système de la région de Nouvelle Angleterre, au nord-est des États-Unis. Les auteurs de ce travail ont étudié les dossiers médicaux de 2.243 enfants souffrant de troubles de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) et aussi de 1.377 enfants autistes.
Au bout du compte, ce n'est pas la prise d'antidépresseurs qui favoriserait l'autisme, mais l'état dépressif de la mère. En revanche, l'association entre la prise d'antidépresseurs par la mère pendant la grossesse et le risque d'hyperactivité chez l'enfant est significative.
Toutefois, les chercheurs restent prudents, considérant que le risque demeure " modeste en termes absolus " et que leurs résultats pourraient avoir été biaisés par des erreurs en matière de classification. Dans un commentaire séparé, le psychiatre britannique Guy Goodwin estime " possible et même probable " que l'effet observé soit lié aux risques génétiques accrus, hérités de la mère, de souffrir de troubles psychiatriques.