Des mutations sur SHANK3 peuvent indiquer la sévérité de l'autisme
Impliqués dans le développement et le fonctionnement des circuits neuronaux, ainsi que dans la formation des synapses, les gènes de la famille SHANK sont ceux dont les versions mutées ont été le plus souvent retrouvées chez les patients touchés par des troubles du spectre autistique. Mais on connaissait mal leur fréquence de mutations et leurs impacts au niveau clinique.
Grâce à une analyse moléculaire réalisée sur plus de mille patients autistes et leur famille, des chercheurs français ont pu déterminer que les porteurs d'une mutation sur SHANK3 représentent 2 à 3% des autistes avec déficience intellectuelle, ce qui fait de SHANK3 un des gènes majeurs responsables de ce syndrome complexe qu'est l'autisme.
Plus intéressant encore, les auteurs ont pu établir une corrélation entre les mutations des gènes SHANK, le degré de sévérité de l'atteinte et les caractéristiques physiques des patients. Ainsi, ils ont constaté que les patients dont le gène SHANK3 est muté ont un quotient intellectuel (QI) plus faible que le sous-groupe SHANK2, qui lui-même a un QI plus faible que le sous-groupe SHANK1.
De plus, d'autres signes cliniques, comme l'hypotonie, le retard ou l'absence de langage ou des malformations mineures, sont également plus sévères chez les patients mutés sur SHANK3, certains enfants allant même jusqu'à régresser dans leur développement.
Ces résultats devraient permettre d'affiner le diagnostic de l'autisme, et d'identifier les molécules permettant de restaurer les fonctions neuronales.