Réseau Santé Bruxellois s'affirme
Abrumet, l'Association bruxelloise de télématique médicale qui a développé le Réseau Santé Bruxellois s'est doté depuis peu d'un comité exécutif. Il espère convaincre le nouveau gouvernement bruxellois de l'importance cruciale de la collaboration entre tous les acteurs de l'e-santé en Région bruxelloise. En effet, si la structure informatique existe déjà depuis quelques années et est fonctionnelle partout en Belgique, il reste maintenant un sérieux travail de communication autour de ce projet. Rencontre avec Pablo d'Alcantara, directeur des projets et Cécile Rochus, responsable communication. Ils font le point sur l'état d'avancement à Bruxelles.
Pour les béotiens, le Réseau Santé Bruxellois ou Brussels Gezondheidsnetwerk en néerlandais (RSB-BGN) est une sorte d'autoroute qui relie tous les hôpitaux bruxellois avec les médecins extra hospitaliers et permet le partage d'informations médicales. La finalité de ce RSB est de soutenir et d'améliorer la prise en charge de la santé du patient.
Le projet de réseau de santé est valable partout en Belgique grâce au projet fédéral Hubs-metahub qui relie toutes les initiatives similaires en Wallonie (RSW) et en Flandres (Cozo, VZN, ARH).
Depuis 2004
L'asbl existe depuis 2004 et rassemble à la fois des représentants des MG bruxellois, tant francophones que néerlandophones, et la totalité des hôpitaux bruxellois. C'est ainsi qu'on retrouve au conseil d'administration d'Abrumet deux représentants de la FAMGB et un de la BHAK (qui regroupe les MG néerlandophones de Bruxelles) ainsi que trois autres représentants des hôpitaux bruxellois. Basée auparavant essentiellement sur la participation volontaire des membres et des administrateurs, Abrumet est entré dans une phase d'accélération. Modernisation de logo, création de matériel de communication : Abrumet travaille actuellement sur la cohérence visuelle et sémantique et se professionnalise souhaitant asseoir " une personnalité simple et sans équivoque ", souligne le duo exécutif.
1.Comment Abrumet se positionne-il ?
Abrumet entend se positionner comme partenaire unique dans le domaine de l'e-santé en Région bruxelloise que ce soit dans les projets de recherche et développement ou dans les projets d'intégration sur le terrain. Actuellement le RSB est le principal projet d'Abrumet bien que l'asbl sponsorise également plusieurs projets de recherche financés par Innoviris. " Lors de l'intégration sur le terrain, une coordination autour de ces projets est primordiale si on ne veut pas réinventer la roue à chaque fois " souligne Pablo d'Alcantara. " Les autorités doivent savoir ce qui existe déjà et intégrer les nouvelles innovations aux projets existants ce qui permettra de faire des économies. J'observe - c'est positif - que l'accord du gouvernement bruxellois projette de 'soutenir activement l'informatisation des acteurs de la santé dans le cadre du plan fédéral e-Health'. Mais dans cette bataille pour notre avenir en e-santé, on a pris du retard par rapport aux autres régions. " En espérant que le gouvernement bruxellois adopte une politique forte sur ce sujet.
Abrumet souligne au passage l'excellente initiative du Plan e-santé 2013-2018 de Laurette Onkelinx. " Mais ", ajoute Pablo d'Alcantara, " le défi est de taille pour arriver à réaliser la totalité de ce plan en cinq ans. Pour y arriver la coordination, l'intégration et la communication sont le maître mot de l'asbl Abrumet. "
2.Où en est-on aujourd'hui ?
Pratiquement, les 12 hôpitaux bruxellois sont connectés au RSB-BGN depuis fin 2013. " Pour le moment ", reprend Cécile Rochus, " les institutions hospitalières décident de partager un ou plusieurs types de documents tels que les lettres de sortie, les résultats de laboratoire, les radios, les rapports de consultation... " Il y a actuellement environ 20.000 documents publiés sur le réseau. Les hôpitaux ont organisé l'inscription en masse de leurs médecins et la formation de leur personnel administratif qui devra inscrire les patients aux admissions. Comme dans tout projet, le temps d'intégration des nouveaux concepts n'est pas à sous-estimer. La mise en place de nouvelles procédures prend du temps mais tous les hôpitaux bruxellois seront actifs très prochainement. L'essentiel dans cette démarche n'est pas de publier beaucoup mais de manière qualitative, souligne Abrumet. " Rappelons que l'objectif principal des réseaux de santé est d'améliorer la continuité des soins de santé en permettant un partage facile, rapide et sécurisé de données médicales pertinentes d'un patient avec tous les professionnels de la santé qui le suivent. "
3.A qui profitent vraiment ces réseaux de santé ?
En fait à tout le monde... aux patients qui évitent de refaire des examens parfois invasifs, aux hôpitaux qui ont une vue globale de l'historique santé de leurs patients, aux urgences qui doivent souvent prendre des décisions rapidement et sans connaitre le patient qu'ils traitent, aux médecins généralistes qui disposent plus rapidement des documents émis par les hôpitaux... " Plus besoin de classement papier, tout est disponible dans une seule interface, celle de leur DMI, pour autant qu'ils disposent de la dernière version homologuée ", explique Pablo d'Alcantara.
4.Qu'en est-il de la confidentialité ?
Tout comme sous l'ère du papier, le médecin est soumis au secret médical et au respect de la vie privée, rassure Abrumet. Ainsi, seuls les médecins qui ont un lien thérapeutique avec leurs patients ont accès à leurs données. La consultation de donnée dans un autre cadre que la continuité des soins de santé est punissable par la loi (article 458 du code pénal). Tous les accès sont tracés et les données sont encryptées et non lisibles par un intermédiaire. Le patient devient de plus en plus maître de ses données même s'il ne peut pas en consulter le contenu. Il peut par exemple déterminer quels médecins ont accès à quels documents médicaux. " Il est important que le patient se sente respecté dans cette démarche de publication et de lui rappeler que l'objectif de ce réseau est d'améliorer la qualité des soins qui lui sont prodigués ", rappelle Cécile Rochus. " Ainsi, le patient doit se sentir à l'aise avec son médecin et peut à tout moment lui demander de ne pas publier certains documents médicaux. "