Des primes d'assurance moins chères contre le port d'un bracelet électronique !
C'est déjà une réalité aux États-Unis où plusieurs sociétés, avec lesquelles Apple commence même à bâtir des partenariats, sont en train d'introduire dans leurs contrats des clauses allant dans ce sens-là. Une nouvelle tendance que certains dénoncent au nom de la protection de la vie privée.
Les objets de santé connectés sont de plus en plus en vogue, comme en témoigne l'engouement suscité par l'Apple Watch qui signe l'entrée de la marque à la pomme dans ce marché à haut potentiel. Un marché qui devrait révolutionner notre santé au quotidien.
Bracelets, montres, vêtements, lunettes... tous ces " outils " ont été conçus à l'origine pour que les utilisateurs puissent mesurer et enregistrer leur efforts physiques, voire même contrôler leur alimentation. Objets de prévention, ils permettent parfois d'établir un diagnostic précoce sur certaines maladies, et ainsi de mieux les traiter.
Données attractives
La masse de données médicales récoltées grâce aux " smart wearables " attire désormais de nombreux acteurs, dont les compagnies d'assurances. Aux États-Unis, les plus grandes d'entre elles, UnitedHealth Group, Humana, Cigna et Highmark, seraient d'ores et déjà en train d'intégrer des clauses dans leurs contrats permettant de prendre en compte le port de dispositifs de suivi de santé par leurs adhérents.
Les géants du high tech, en particulier Google et Apple, sont également intéressés. Apple, qui travaille sur son propre système de suivi de santé (HealthKit), a bien compris l'enjeu et aurait déjà approché UnitedHealth et Humana afin qu'elles adoptent ses futures offres en la matière.
Le concept a également été appliqué par le géant pétroliers BP qui a acheté 25.000 bracelets Fitbit pour ses employés. Ceux qui l'utilisent et qui se maintiennent en forme physique peuvent avoir une importante réduction sur leurs primes d'assurance.
Récompenses et pénalités
Qu'il s'agisse des employeurs ou des compagnies d'assurances, l'objectif déclaré est d'amener les gens à adopter un mode de vie plus sain et à prendre un rôle plus actif dans l'amélioration de leur santé.
Les assurés acceptent de porter un appareil connecté et les données d'activité enregistrées sont téléchargées vers un système en ligne qui les vérifie et attribue des récompenses en fonction des résultats.
Mais, selon l'agence de presse Bloomberg, toutes les informations obtenues pourraient aussi servir à pénaliser les utilisateurs " à risque " à savoir les fumeurs, les alcooliques, les personne en surpoids, ceux qui ne pratiquent pas de sport...
Vie privée ?
La méthode employée soulève d'ailleurs de vives protestations chez les défenseurs de la protection de la vie privée. Il est vrai que les données enregistrées par les bracelets ne se limitent pas à un nombre de pas effectués. Elles permettent aussi aux employeurs ainsi qu'aux assureurs d'avoir accès à des informations sur les paramètres de santé des gens comme le rythme cardiaque, la pression artérielle, la qualité du sommeil, les calories brûlées, le pouls, le taux de cholestérol, l'IMC, la glycémie, la température du corps... Des données qui devraient pourtant rester sous le sceau du secret médical.
Les entreprises et les assureurs déclarent qu'ils respectent les lois fédérales qui les empêchent d'obtenir certains renseignements de santé sur les employés sans leur consentement. Par sûr que cela puisse suffire à rassurer leurs salariés et affiliés...