Asthme avec intolérance à l'aspirine
L'examen des données de 121 sujets asthmatiques avec intolérance à l'aspirine montre que la désensibilisation par de petites doses d'acétylsalicylate de lysine peut soulager efficacement et sans grand risque.
L'asthme avec intolérance à l'aspirine n'est pas rare, il est retrouvé chez environ 20% des sujets présentant un asthme tardif. Cette forme d'asthme peut s'avérer très difficile à traiter et entraîner une importante perte de qualité de vie. L'atteinte des voies aériennes supérieures génère troubles du sommeil et de l'olfaction, tandis que l'atteinte des voies basses facilite la chronicité d'un asthme souvent sévère.
Le diagnostic se fait désormais beaucoup facilement par test de provocation nasal à de l'acétylsalicylate de lysine et un audit récent montre que cette même route peut être utilisée pour traiter les malades.
Les données recueillies concernent 121 sujets dont 105 sujets ayant reçu de l'acétylsalicylate de lysine à dose croissante par voie nasale après démonstration d'un test de provocation positif.
Les auteurs rapportent une amélioration symptomatique subjective chez 60 patients sur 78 à 3 mois, et chez 17 sur 29 à 12 mois. Il existe parallèlement une amélioration de paramètres objectifs (débit inspiratoire nasal maximal, tests olfactifs et taux de monoxyde d'azote).
L'amélioration est plus nette chez les sujets avec tests épicutanés positifs et chez ceux dont l'asthme est apparu tardivement (> 40 ans).
Dans le sous-groupe de patients traités par acétylsalicylate de lysine pendant un an, il a été constaté une diminution significative des visites aux urgences, des hospitalisations et des cures de corticothérapie orale.
Ces bénéfices sont acquis avec un risque moindre de troubles gastro-intestinaux que lorsque de l'aspirine est administrée par voie orale.
Globalement, un bénéfice a été constaté chez environ 1 patient sur 5 ou 6.
Au vu de ces données et compte tenu du coût négligeable, les auteurs suggèrent d'essayer cette approche avant d'envisager le recours aux anticorps monoclonaux du type anti-IgE ou anti-IL5.