Les hôpitaux universitaires réclament 60 millions d'euros supplémentaires
Rien de nouveau sous le soleil : les hôpitaux académiques, représentés par la Conférence des hôpitaux académiques de Belgique (Chab) réclament ce qu'ils considèrent, au vu des comparaisons internationales, comme leur dû, soit 60 millions d'euros supplémentaires pour assurer leurs missions universitaires : la recherche, les soins de pointe et la formation des médecins et des soignants de demain. La Chab demande au prochain gouvernement de porter de 13 à 75% son intervention dans la compensation pour charges patronales liées à la rémunération des médecins spécialistes.
Les HA sont très impliqués aujourd'hui dans la recherche sur les maladies rares et complexes pour lesquelles aucun traitement n'existe et qui intéressent peu l'industrie pharmaceutique. Ils doivent pouvoir offrir une médecine de haut niveau à l'avenir et donc dégager des moyens.
Or les sept hôpitaux académiques (HA) du pays reçoivent actuellement pour assurer leurs missions académiques - recherche, formation, etc. - seulement 4,6% de leur budget total. Dans trois pays proches, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, ce pourcentage dépasse 20%, ainsi qu'il ressort d'une nouvelle étude comparative portant sur les missions spécifiques des HA confiée par la Chab au cabinet Antares. Ces 4,6% correspondent " seulement " à 139 millions d'euros, un septième des montants perçus par les HA néerlandais. Même les hôpitaux des pays les moins pourvus - France, Suède, Espagne - obtiennent près du double des hôpitaux belges (9% de leurs recettes). Or, les HA allemands, suisses et suédois tirent déjà la sonnette d'alarme face à leurs déficits.
" Il existe des similitudes frappantes entre les différents pays par rapport au nombre d'hôpitaux académiques et à l'accomplissement de leurs missions spécifiques ", fait remarquer la Chab. "Notre pays compte sept hôpitaux académiques, soit un hôpital pour 1,6 millions d'habitants. Ceci place la Belgique dans la moyenne de pays tels que le Danemark, la Suède et la Suisse. Seuls des pays plus peuplés comme la France, les Pays-Bas et l'Allemagne atteignent la moyenne d'un hôpital académique pour 2,1 à 2,5 millions d'habitants."
La Belgique, contrairement à certains pays précités, assume l'ensemble des charges académiques dévolues à ce type d'institution : recherche de pointe, enseignement et aussi la formation des médecins de demain.
En outre, dès lors que les médecins sont salariés, les économies de 100 millions qui ont été imposés aux HA ces trois dernières années, ne peuvent être compensées en se servant sur les suppléments d'honoraires. Si on calquait le financement des hôpitaux des pays comparables, les HA belges recevraient pas moins de 300 millions.
La Chab demande donc au prochain gouvernement de porter de 13 à 75% son intervention dans la compensation pour charges patronales des médecins spécialistes (60 millions). Ce budget avait été plus ou moins promis par l'ancien ministre Vandenbroucke en 2002, mais n'a jamais atterri dans l'escarcelle des HA. Ceux-ci s'estiment défavorisés parce qu'au minimum 70% de leurs médecins spécialistes doivent avoir un statut salarié et le coût du travail est considérable.
En échange, les HA s'engagent évidemment à fournir des soins de pointe et innovants à la population.