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Le KCE aide les MG à peser avec leurs patients le pour et le contre du dépistage par PSA

" Ne faudrait-il pas faire un test de PSA, Docteur? " C'est une question que posent beaucoup d'hommes de plus de 55 ans (et parfois avant), même s'ils n'ont aucun symptôme particulier du côté de la prostate. Peu sont conscients que le dosage du PSA n'a pas que des avantages et que l'analyse peut avoir des conséquences inattendues sur le reste de leur vie. Ce n'est donc pas une décision du type " ça ne peut pas faire de tort " et les patients ont le droit d'en être informés - et leurs MG l'obligation de leur donner cette information. Ce qui est loin d'être évident, car le message est complexe et nuancé. Pour cette raison, le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de santé (KCE) a développé une brochure destinée aux médecins, à utiliser en consultation.

Nicolas de Pape - 16 septembre 2014

Cet outil neutre et scientifiquement validé doit aider le médecin dans ses explications sur les avantages et inconvénients de ce test " de dépistage " ainsi que sur les incertitudes qui persistent autour de son emploi, afin d'amener le patient à poser finalement un choix éclairé, ce qui est un de ses droits fondamentaux.
Cette brochure a déjà été publiée en juin dernier sur le site du KCE. Mais suite aux demandes de plusieurs praticiens, et à l'occasion de la semaine de l'Urologie (22-26 septembre) consacrée cette année aux cancers urologiques, la SSMG et Domus Medica la diffuseront à leurs membres sous forme imprimée. Les deux organisations scientifiques de médecins généralistes ont en effet été activement impliquées dans sa conception et son évaluation. L'initiative est également saluée par la Fondation contre le Cancer, comme le souligne le Dr Didier Vander Steichel, directeur médical : " Traduire les incertitudes du dépistage en un outil de communication médecin - patient était un vrai défi. Le KCE l'a relevé avec brio ! ".

Brochure thématique

La brochure - imprimée sur papier cartonné, un outil prévu pour durer donc - contient plusieurs schémas qui rendent les messages et les chiffres beaucoup plus visuels et accessibles. La première partie est destinée aux médecins eux-mêmes, avec un rappel de quelques données de contexte (fiabilité du test PSA, suites possibles du dépistage, traitements du cancer de la prostate et leurs effets secondaires, l'impact du dépistage par PSA en Belgique, les concepts d'avance au diagnostic et de sur-diagnostic, etc.) La seconde partie est prévue pour être utilisée en consultation. Elle illustre les conséquences possibles du dépistage et du traitement curatif, à court, moyen et long terme. Elle est conçue de manière à ce que chaque schéma puisse être utilisé séparément, en fonction des questions spécifiques du patient.

Des fiches à reprendre à la maison

En complément à la brochure, le KCE a développé des fiches simplifiées qui reprennent séparément les principaux messages. Le MG peut télécharger ces fiches et les imprimer à la demande du patient, si celui-ci souhaite réfléchir plus longuement ou en parler avec ses proches. Ces fiches sont disponibles sur le site de la SSMG (www.ssmg.be) ou sur mongénéraliste.be, dans la partie réservée au corps médical.

En attendant le facteur...

...la version online de la brochure peut être trouvée sur le site du KCE, ainsi que le rapport scientifique dont elle est issue. Le KCE inaugure aussi à cette occasion une nouvelle rubrique " Focus " sur son site web, où seront réunis tous ses travaux relatifs à un sujet donné - ici le cancer de la prostate ¬- qui contient donc non seulement les travaux du KCE sur le dépistage mais aussi les rapports, guidelines et synthèses sur les différents traitements, ainsi qu'un reportage vidéo relatif à l'utilisation de la brochure.
Les médecins non-membres de la SSMG ou de Domus Medica peuvent commander gratuitement la brochure à l'adresse info@kce.fgov.be.

Les chiffres et les incertitudes

Nous ne savons toujours pas très bien, à l'heure actuelle, de quel côté penche la balance bénéfices-risques du dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. D'un côté, on sait qu'il permet d'éviter deux décès par cancer de la prostate endéans les 15 ans pour mille sujets dépistés. D'un autre côté, nombre d'hommes qui ont passé ce test se trouvent confrontés à une tumeur dont ils n'auraient ressenti les effets que bien plus tard, voire jamais, tant l'évolution de ce cancer est généralement lente. S'ajoute à cela que les traitements instaurés dans la foulée du diagnostic sont susceptibles de provoquer des complications bien connues, telles que l'incontinence et l'impuissance.

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