Apnée du sommeil : gare au cerveau !

Les apnées du sommeil sont de plus en plus diagnostiquées et leur prise en charge plus efficace. Tant mieux, car elles provoqueraient des lésions cérébrales, mais heureusement réversibles.
Il s'agit probablement de la première étude démontrant que les apnées du sommeil (OSA) sont à même de léser les connexions cérébrales. L'étude a été menée de manière prospective chez 17 patients OSA et 15 personnes contrôles. Les chercheurs milanais ont évalué les changements de structure cérébrale avant le traitement par CPAP et 3 et 12 mois après celui-ci grâce à des IRM. Ils ont aussi mesuré les performances cognitives des patients.
Les images prises avant le traitement montrent que les patients souffraient de défaillance dans la plupart des aires cognitives. Les troubles de l'humeur ont été associés à une perte d'intégrité des fibres nerveuses dans la matière blanche avec une baisse de la fraction anisotrope et de la diffusion. Après 3 mois de CPAP, l'amélioration est restée ténue. En revanche, après 12 mois, les chercheurs italiens ont eu la surprise de constater une régression totale des lésions dans les régions affectées chez les patients demeurés compliants au traitement. Par ailleurs, il ont également vu une amélioration dans les tâches cognitives, exécutives, l'attention pour les patients ayant connu un changement au cours du traitement.
Dans une étude précédente, la même équipe avait également découvert que les OSA provoquaient des altérations dans la substance grise et que 3 mois après l'instauration du traitement par CPAP, ces anomalies régressaient. Substances grise et blanche ne répondent donc pas avec la même vigueur, mais la CPAP semble efficace dans les deux cas.