L'activité sexuelle réduit-elle le taux d'HbA1c chez les hommes souffrant de diabète de type 2 ?
Tout le monde s'accorde à dire que l'activité sexuelle est une forme d'exercice physique... Peut-être pas aussi intense que d'autres activités, mais on considère quand même qu'il s'agit d'une activité aérobie. Est-elle suffisante pour abaisser le taux d'HbA1c de manière cliniquement significative chez les diabétiques de type 2 ayant bénéficié de l'implantation d'une prothèse pénienne ?
Le diabète est l'un des principaux facteurs de risque pour les troubles de l'érection. L'étude, conduite au service d'Urologie d'un hôpital général situé dans la capitale du Qatar, a inclus 67 hommes ayant un taux d'HbA1c ≥ 6,5 %, capables d'avoir une activité sexuelle régulière après l'implantation d'une prothèse pénienne.
Diminution, mais pas significative
L'âge moyen des participants était de 59,9 ans (30-82) et l'intervention chirurgicale pour l'implantation de la prothèse pénienne datait en moyenne de 22,6 mois (10-63). En moyenne, la prothèse était utilisée 9,9 fois (2-28) par mois à des fins d'activité sexuelle. La diminution moyenne absolue du taux d'HbA1c atteignait 0,2 % (8,3±1,7 % versus 8,5±1,9 %), mais elle n'était pas significative. Plus le taux d'HbA1c initial était élevé et plus l'activité sexuelle était fréquente, plus la diminution était importante.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières...
Bien que la différence ne soit pas significative, les auteurs attirent l'attention sur la pertinence clinique de la corrélation. Une étude précédente indique en effet que l'exercice physique structuré pratiqué pendant >150 minutes par semaine réduit le taux d'HbA1c (-0,89 %) ; une activité physique moindre entraîne une diminution plus faible (-0,36 %), mais tout exercice aérobie hebdomadaire supplémentaire est associé à une diminution additionnelle (-0,39 %).
En outre, la littérature fournit suffisamment de preuves indiquant que même une petite diminution du taux d'HbA1c réduit les complications microvasculaires (rétinopathie, néphropathie, neuropathie) à long terme chez les diabétiques de type 2. Il va de soi que de plus amples études prospectives sont nécessaires...