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Ostéoporose: les IPP accroissent-ils le risque fracturaire?

Les données sont contradictoires quant à la majoration du risque fracturaire sous inhibiteurs de la pompe à protons. Cette nouvelle étude longitudinale réalisée chez des femmes ménopausées incluses dans la cohorte SWAN est robuste et se veut rassurante quant à l'usage des IPP chez des patientes ostéoporotiques.

23 septembre 2014

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) accroissent la sécrétion de gastrine, inhibent l'absorption du calcium et altèrent la fonction ostéoclastique. Sur cette base, la FDA a en 2010 attiré l'attention sur le lien potentiel entre l'usage des IPP et le risque de fractures de la hanche chez les femmes ménopausées. Par la suite, une analyse de 80.000 patientes incluses dans la Nurse's Health Study a montré que le risque absolu de fractures de hanche sous IPP était de 2,2 vs 1,51 dans un groupe contrôle même après ajustement pour d'autres facteurs de risque de fracture (BMI, niveau d'activité, taux de calcium, prise de médicaments). Plus récemment, l'étude GLOW (ASBMR 2013) a montré que seuls les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine étaient associés à la survenue de fractures (OR ajusté de 1,59) et que les IPP n'étaient pas concernés.

Pas de risque sous IPP
La DMO a été mesurée chez des patients sous IPP ou sous anti-H2 et chez des sujets contrôles ne prenant aucune de ces deux classes thérapeutiques1. Simultanément, les effets d'une thérapie de substitution hormonale sur la perte osseuse ont également été étudiés à titre de contrôle interne positif. Après ajustement pour les facteurs de risque reconnus de l'ostéoporose, les résultats sont sans ambiguïté : il n'existe pas de différence en terme de changement de la DMO au rachis, au col fémoral ou à la hanche chez les utilisateurs d'IPP comparés aux utilisateurs d'antihistaminiques H2 ou dans le groupe ne prenant aucune de ces classes thérapeutiques. En revanche, les patientes sous traitement hormonal substitutif ont bien une augmentation de leur DMO. Les auteurs concluent à l'absence de majoration du risque fracturaire chez des femmes ménopausées ostéoporotiques prenant des IPP.

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