La Mutualité socialiste favorable à une politique " plus sociale " du médicament
Etant donné que le médicament, sous sa forme remboursable, est largement encouragé par les pouvoirs publics (budget d'environ 4 milliards par an), la Mutualité socialiste plaide pour une politique plus sociale du médicament. Elle propose notamment de conditionner le remboursement des médicaments innovants à des objectifs de résultats et de réelle plus-value.
Depuis environ deux ans, le deuxième organisme assureur du pays mène campagne pour une autre politique du médicament. Ce fut d'abord en juin 2013 la constitution d'un groupe de travail avec des experts extérieurs, un symposium en mars 2014 ouvert aux acteurs, dont les industriels du médicament et, cette semaine, un sondage sur la perception du médicament auprès du grand public, des MG et des pharmaciens.
En découlent aujourd'hui 20 propositions " pour une politique sociale du médicament ".
Celle-ci préconise en premier lieu de combler le déficit d'innovation par rapport aux besoins de santé publique et de " gérer la tension croissante entre des traitements de plus en plus onéreux et les moyens limités de l'assurance obligatoire ". Ceci passe notamment par l'amélioration du bon usage et de l'observance thérapeutique. Mais aussi par l'obligation de la DCI pour les traitements aigus ou lors du démarrage du traitement (comme c'est déjà le cas dans certaines classes thérapeutiques).
Toujours en matière d'innovation, un Fonds européen serait créé pour l'attribution des primes et on renforcerait la transparence en matière d'études cliniques. Manifestement les initiatives telles les ClinicalTrials.gov ou EudraCT qui permettent de suivre le déroulement de celles-ci ne suffit pas l'organisme assureur socialiste.
Partenariats public-privé "plus équilibrés"
Les partenariats public-privé sont bienvenus pour la mutuelle de gauche mais ils devraient être plus équilibrés en ce sens que le secteur public doit avoir son mot à dire dans le choix des recherches.
Côté prix du médicament, la technique du bon marché devrait être affinée (ses effets multiplicateurs pourraient être améliorés encore) et les comparaisons avec nos voisins avoir plus de poids dans le sens d'une harmonisation à la baisse.
Pour améliorer la qualité de la délivrance et de la prise en charge, la MS propose d'améliorer la concertation entre médecin et pharmacien, de généraliser la médication " sur mesure " du patient âgé tant en MRS qu'en ambulatoire et d'y renforcer le rôle du médecin coordinateur.
La part de rémunération au conseil du pharmacien serait renforcée en parallèle.
Quant au bon usage, Jean-Marc Laasman, directeur études, lance l'idée d'un Observatoire de la prescription (pas du diagnostic, précise-t-il), un pay for performance pour la prescription, la publication des éventuels cadeaux faits aux médecins et pour leur simplifier la vie, une refonte du chapitre IV dans le sens de son allègement " sans nuire à l'efficacité du contrôle ".