TDAH : de plus en plus souvent diagnostiqué !
Certains spécialistes s'inquiètent : les troubles du déficit de l'attention et de l'hyperactivité connaissent encore un regain. Trop, c'est trop ?
Le CDC d'Atlanta a noté que de plus en plus de tout-petits sont identifiés par les spécialistes comme présentant un TDAH. En 2012, un rapport officiel dénombrait 1.660 enfants en-dessous de 4 ans avec ce diagnostic, dont 760 avaient nécessité un traitement médicamenteux spécifique. En 2013, un autre rapport a montré qu'il y avait 2 millions supplémentaires d'Américains âgés de 4 à 17 ans avec un TDAH, par rapport à 2003. Par ailleurs, deux tiers de ces patients ont été traités médicalement.
Le CDC a décidé de poursuivre dans cette voie. Cette attitude est soutenue par certains psychiatres, mais désapprouvée par d'autres. Le constat est qu'il existe un hiatus entre les recommandations officielles de l'association américaine de pédiatrie et l'association américaine de psychiatrie pour les enfants et les adolescents, et les constats du CDC.
Ceci semble suggérer que tous les enfants ne recevraient pas le diagnostic et le traitement ad hoc. La question est alors de savoir qui a raison. Y a-t-il surdiagnostic et surtraitement ou, au contraire, sous-diagnostic et défaut de traitement?
Probablement les deux, répond l'éditorialiste du Lancet Psychiatry, soutenu par Mark Riddle de l'université John Hopkins de Baltimore, car la difficulté réside dans la différence ténue qui existe entre normalité et impulsivité. Dans le même temps, Ann Abramowitz de l'université d'Emory à Atlanta, estime que l'on consacre trop d'attention à dépister le TDAH, ce qui fausse les statistiques. Elle admet aussi qu'il n'y a pas de tests clairement établis pour cette affection. Peu d'études montrent d'ailleurs l'intérêt des médicaments avant 4 ans, sauf pour les cas extrêmes. Abramowicz souligne qu'il faut d'abord favoriser l'information des parents et leur apprendre à gérer l'enfant. La question est que l'on manque encore de données concernant la sécurité d'emploi et même l'efficacité de ces traitements avant 4 ans, par rapport à d'autres types de prise en charge.