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Un nouveau regard sur l'épithélium des voies aériennes

En dépit de sa fréquence, la sensibilisation aux pneumallergènes reste mal élucidée. Saluons donc la revue effectuée par un tandem belgo-néerlandais qui fait le point sur nos connaissances et nos ignorances concernant le rôle de l'épithélium bronchique en la matière.

Dr Jean-Claude Lemaire - 30 septembre 2014

Longtemps considéré comme une barrière physique passive dont le rôle était uniquement d'empêcher le passage des pneumallergènes, il s'avère en réalité que l'épithélium qui tapisse les voies aériennes est à considérer comme un acteur actif de la reconnaissance, de la capture et de la présentation des antigènes aux cellules compétentes aboutissant à une réponse immune de type TH2 largement dépendante de l'activation du facteur nucléaire kappa B.

Diverses études animales, murines essentiellement, ont montré que dès que l'épithélium respiratoire rencontre et reconnaît un pneumallergène, il relargue de nombreuses cytokines et chemokines et délivre plusieurs signaux témoignant de l'existence d'un danger endogène, l'ensemble contribuant à l'activation des cellules dendritiques ainsi que d'autres cellules impliquées dans l'immunité TH2.

La réaction de l'épithélium respiratoire aux pneumallergènes n'est pas univoque, elle semble au contraire modulée à la fois par le type de pneumallergènes qui l'induit. Certains pneumallergènes activent directement l'épithélium, d'autres le font de façon indirecte via la formation de molécules endogènes qui sont les véritables déclencheurs de la réaction. La réaction épithéliale est également modulée par divers facteurs environnementaux connus pour leur implication dans la sensibilisation (fumée de cigarette, particules fines, notamment issues de la combustion du diesel).

Outre ces affinements locaux et systémiques de la réaction de l'épithélium respiratoire aux pneumallergènes, il a également été démontré l'existence d'une modulation liée à la présence de polymorphismes génétiques qui sont susceptibles d'interférer à chacun des niveaux de transmission des informations nécessaires à l'instauration de la réaction immunologique.

Il reste maintenant à démontrer que ce modèle issu d'expériences animales s'applique à l'homme et concerne la totalité des pneumallergènes. Vaste programme, mais déjà un point est acquis, l'épithélium des voies aériennes est tout sauf une simple barrière physique, c'est un acteur actif de la sensibilisation aux pneumalllergènes.

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