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Ostéoporose masculine: qui traiter?

La DEXA et le FRAX sont les 2 outils de prédilection dans l'ostéoporose chez la femme en prélude à la décision de traiter ou non. Peut-on les appliquer chez l'homme sans courir de risque de surdiagnostic et de traitement inutile?

30 septembre 2014

Aujourd'hui le diagnostic d'ostéoporose validé par l'OMS est posé sur base de la mesure de la densité minérale osseuse (DMO) au col du fémur (T-score < ou = 2,5), définie au départ pour les femmes et utilisée telle quelle chez les hommes. Mais cette extrapolation n'est peut-être pas tout à fait satisfaisante. Ainsi la "National Osteporosis Foundation" (NOF) a adopté un T-score à -2,5 calculé sur la DMO à plusieurs sites (col du fémur, hanche et vertèbres) et sur base d'une population masculine de référence. En parallèle, l'algorithme FRAX reste toujours l'outil de choix pour estimer le risque fracturaire à 10 ans sur base d'autres facteurs de risque propres au patient. La question posée est de savoir si cette manière de faire n'entraîne pas un surdiagnostic et des traitements inutiles.

Les critères OMS plus adaptés
Cette étude prospective1 comporte 5.880 patients (>65 ans), répartis en 4 groupes: diagnostic d'ostéoporose selon les critères OMS, diagnostic selon les critères NOF, absence d'ostéoporose mais risque fracturaire élevé selon le FRAX, absence d'ostéoporose et risque fracturaire faible selon le FRAX. Les critères OMS identifient 130 hommes avec une ostéoporose (2,2%) et les critères NOF, 422 de plus (prévalence totale 9,4%); le FRAX identifie 936 hommes en plus qui sont à risque fracturaire élevé sans ostéoporose, amenant la prévalence totale d'hommes à traiter à 25,3%. La probabilité de fractures de hanche à 10 ans est de 20,6% chez les hommes avec ostéoporose selon les critères OMS, contre 6,8% d'après les critères NOF. Pour les auteurs, il est clair que le traitement doit d'abord viser les hommes identifiés avec une ostéoporose par les critères OMS, soit 2% de la population étudiée, considérant aussi la probabilité de risque fracturaire à 10 ans. Etendre les indications au-delà de ce petit groupe est à risque de surdiagnostic et de traitement inutile, considérant le bénéfice thérapeutique incertain.

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