SSPT : alimentaire, mon cher Watson !
Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) est de mieux en mieux compris. Des chercheurs se sont demandé s'il existe une relation entre celui-ci et l'apparition de dépendance à la nourriture au sein de la gent féminine.
Le SSPT représente un risque supplémentaire de développer une obésité comme le montrent les données épidémiologiques, mais les mécanismes impliqués restent encore méconnus. C'est pourquoi des chercheurs américains ont estimé que l'identification des comportements " obésogènes " devait être réalisée. L'objectif est de permettre la meilleure prévention possible chez ces patients souffrant de SSPT.
Ils ont donc réalisé une analyse croisée des données de 49.408 participantes à la fameuse étude Nurses'Health Study II (NHS), une cohorte composée d'infirmières âgées de 25 à 42 ans au moment de leur recrutement dans l'étude, en 1989. Elles provenaient de 14 états des USA. Chez les femmes, l'exposition au traumatisme et l'apparition des symptômes de SSPT ont été constatées en 2008 et la dépendance à la nourriture en 2009. Cette dépendance a été définie par la présence de 3 symptômes significatifs au moins de la Yale Food Addiction Scale.
Environ 80% des participantes ont rapporté l'exposition à un type de traumatisme et 66% des personnes exposées à celui-ci ont développé au moins un symptôme de SSPT durant leur vie. Sur l'ensemble de la cohorte, 8% des infirmières ont développé une dépendance aux aliments. La prévalence de cette addiction augmente avec le nombre de symptômes de SSPT développés durant leur vie. Ainsi, les femmes avec le plus grand nombre de symptômes (6 ou 7) présentent également plus du double de la prévalence de dépendance alimentaire par rapport aux femmes sans SSPT. Plus la symptomatologie survient jeune, plus elle est liée à un trouble addictif alimentaire. Par ailleurs, les chercheurs ont montré que ce comportement ne diffère pas selon le type de traumatisme subi.
Cette étude est donc importante, car elle explique au moins en partie ce trouble addictif de plus en plus souvent rencontré et permet de détecter éventuellement les personnes qui auraient développé des symptômes de SSPT sans jamais avoir été pris en charge. Par ailleurs, elle permet aussi d'alerter les personnes ayant vécu une situation traumatisante, les incitant à rester vigilantes à toute déviation de leur comportement alimentaire habituel.