Les phtalates seraient impliqués dans l'asthme infantile
Substances chimiques largement utilisées dans l'industrie pour de très nombreux produits, déjà associés à de nombreuses maladies (obésité, diabète, certains cancers...), les phtalates sont désormais accusés de favoriser l'asthme chez les enfants exposés in utero. C'est la conclusion d'une étude de cohorte menée aux États-Unis.
Réalisé auprès de 300 femmes enceintes et leurs enfants, le suivi a évalué l'impact de quatre phtalates : le butylbenzyl phtalate (BBzP), le di-n-butyl phtalate (DnBP), le di-é-ethyexyl phtalate (DEHP) et le diethyl phtalate (DEP). Les échantillons ont été prélevés dans les urines de la mère durant le troisième trimestre de la grossesse et chez les enfants à 3, 5 et 7 ans. Les chercheurs de l'Université de Columbia (New York) ont ensuite comparé leurs résultats avec l'apparition de l'asthme chez les enfants entre 5 et 11 ans.
L'analyse montre que près d'un tiers des enfants a été diagnostiqué avec l'asthme et que 20% ont des problèmes respiratoires sans être asthmatiques. Alors que tous les échantillons urinaires des mères et des enfants contenaient des métabolites pour les quatre agents, elle révèle aussi qu'une exposition in utero élevée au BBzP et au DnBP est liée à une augmentation respective de 72 et 78% du risque de développer l'asthme entre 5 et 11 ans. Les deux autres formes de phtalates, elles, ne sont pas associées à une augmentation du risque.
Désormais, le BBzP et le DnBP viennent s'ajouter à un ensemble de facteurs de risque connus pour l'asthme, comme la fumée de tabac, la pollution, l'obésité et des antécédents d'allergies.