Obstacles au traitement de la polyarthrite rhumatoïde au stade précoce
Qu'est-ce qui vous empêche de prescrire une thérapie combinée, comprenant des glucocorticoïdes, aux patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) débutante (early rheumatoid arthritis, ERA)? Voici la première question posée par la doctorante Sabrina Meyfroidt (Skeletal Biology and Engineering Research Center, KU Leuven) dans son étude. Le but de celle-ci est de mettre au point des stratégies d'implémentation pour faciliter la prescription de traitements combinés intensifs.
Les résultats du premier volet de cette recherche ont été présentés la semaine passée, lors du 18e congrès belge de rhumatologie. Afin d'obtenir au plus vite une rémission clinique de la PR débutante, une approche intensive et précoce s'impose. C'est le sens des directives présentées dans l'étude. Des recherches antérieures avaient cependant montré qu'en Belgique, à peine 21% des patients étaient traités dans les 3 mois suivant l'apparition des symptômes et que seuls 18% suivaient un traitement intensif dès le début de leur maladie.
En deux étapes
Premièrement, l'étude a permis de définir les facteurs qui influencent la décision d'administrer une thérapie combinée aux glucocorticoïdes dans les cas d'ERA, prenant comme point de départ l'expérience et les convictions des médecins ayant pris part à l'étude CareRA. Ensuite, différentes barrières ont été listés dans une enquête soumise par la suite aux participants du congrès de l'année précédente.
Les barrières ont trait à 4 domaines distincts : le traitement, le patient, le prestataire de soin et l'environnement. Au total, 25 barrières ont été étudiées, dans le but d'en définir l'importance relative.
Surtout liées au traitement
Dans le top 8 des barrières les plus importantes, 4 ont un lien avec le traitement : risque accru d'effets secondaires et de complications, durée de la période de prescription vécue comme trop longue, difficulté de déterminer les avantages et les inconvénients d'un des produits du traitement combiné et enfin, dose initiale de corticostéroïdes considérée comme trop élevée.
Selon les rhumatologues, trois barrières importantes sont liées au patient : contre-indications chez certains patients, résistance du patient au traitement et éducation de ce dernier. Pour terminer ce top 8, n'oublions pas la barrière liée à l'environnement : le manque de directives (inter)nationales claires et basées sur la pratique.
En bref, la stratégie d'implémentation doit englober les différentes facettes et se soucier de l'éducation du patient et de sa mise en confiance par rapport au traitement.