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Performances hospitalières ad hominem : santhea et FIH réagissent

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Les deux plus importantes coupoles hospitalières francophones santhea et FIH/FNAMS réagissent à la publication hier par l'AIM des performances hospitalières en matière de pancreatectomie et oesphagectomie par hôpital. Les structures faîtières mettent en garde contre la mise en ligne de données brutes sorties de leur contexte.

Nicolas de Pape - 1 octobre 2014

Hier 30 septembre, l'Agence intermutualiste (AIM) a réuni la presse pour lui livrer la fréquence des pancreatectomies et oesphagectomies dans les hôpitaux belges, en les nommant. Une démarche ad hominem qui constitue une première pour les cinq organismes assureurs réunis pour l'occasion avec les deux caisses de remboursement (Caami et SNCB).


La thèse principale de l'AIM : le volume d'opérations chirurgicales est intrinsèquement (mais pas 100%) lié à la qualité et les centres réalisant moins de six opérations par an dans ces cas précis ne sont pas en mesure de maintenir cette qualité. Patients concernés par les cancers du pancréas et de l'oesophage et leur médecin généraliste sont invités à consulter les listes sur internet et s'aiguiller vers les cliniques qui proposent entre 6 et 19 opérations annuelles afin d'arriver à plus de 20 interventions par an, seuil qualitatif admis par la littérature (lire l'édition à paraître ce vendredi du Journal du médecin).

" Nous souhaitons avant tout informer les patients et les médecins traitants", affirme Marc Justaert, patron des Mutualités chrétiennes. "Jamais pareilles données relatives à l'ensemble du pays n'ont été mises à leur disposition. Nous voulons adresser un signal fort à tous les acteurs de soins de santé: si l'on veut garantir à nos patients des soins de qualité, nous devons mieux organiser notre offre de soins et ne plus continuer à offrir tous les soins spécialisés dans chaque hôpital."

Une démarche pas forcément altruiste

santhea, qui représente près de la moitié des hôpitaux wallons, souligne en réaction que " certains défenseurs de la transparence ne seraient pas forcément animés de sentiments altruistes ". La coupole publique reproche aux tenants de la vérité à tout prix " l'absence de cohérence dans la multitude des initiatives menées, chacun y allant de son set d'indicateurs, composé selon ses ressources, son expertise et ses priorités".


santhea craint que les initiatives de transparence ne créent plus de flou qu'autre chose pour les patients. Or ceux-ci, bien sûr, méritent d'être informés via des projets menés par les hôpitaux membres tels que la satisfaction du patient, les événements indésirables, la médiation hospitalière ou encore l'accréditation.

Les indicateurs sont donc l'étape sine qua non, mais des données seulement chiffrées, sans tenir compte d'autres données qualitatives et caractéristiques propres à l'indicateur, manquent leur cible. Ainsi, "les résultats publiés par l'AIM sont liés au comptage de numéros de nomenclature. Ils ne constituent, à ce titre, que la photographie d'une situation qui ne peut prétendre expliquer les différences interhospitalières et encore moins être un reflet exhaustif et non biaisé de la qualité de la prise en charge des patients".

La Fédération des institutions hospitalières (FIH) rappelle de son côté que la qualité et la sécurité des soins dans les hôpitaux sont garanties par un ensemble de règles et de pratiques issues de la formation de base et continue des médecins et aussi par les lois normatives.

Les hôpitaux, pour maintenir les standards de qualité, ont réalisé des réorganisations importantes de l'offre de services et d'appareillages. Celles-ci ont conduit à la disparition de près de la moitié des hôpitaux (de 520 à 207) et à la suppression de 22.000 lits sur 92.000 en 28 ans.

La FIH insiste sur le fait que ses membres sont demandeurs de ces synergies mais elles impliquent une révision des normes d'agrément qui puisse dépasser le vieux modèle évaluation/sanction. En outre, le mode de financement hospitalier freine considérablement les " mouvements spontanés de collaboration ".

Enfin, les chiffres lancés à la cantonade par l'AIM " ne sont pas des indicateurs et ne sont pas nécessairement représentatifs de la qualité des soins ". La qualité concerne en effet l'ensemble du trajet de soins jusqu'à la rééducation. Des indicateurs valables sont par définition prospectifs, évolutifs, incrémentiels et ciblés. Ce n'est pas le cas en l'espèce.

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