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Ostéoporose et cancer du sein : Une étude observationnelle ne vaut pas une étude randomisée

Des études observationnelles suggèrent que les bisphosphonates administrés en traitement de l'ostéoporose peuvent avoir de surcroît des propriétés anti-tumorales et anti-métastatiques. Mais jusqu'à ce jour, aucun essai clinique randomisé versus placebo n'avait confirmé ce bénéfice. Cette lacune est aujourd'hui comblée avec cette nouvelle étude américaine qui s'appuie sur les études FIT et HORIZON-PFT.

7 octobre 2014

Les bisphosphonates sont un traitement de prédilection dans l'ostéoporose et la prévention de métastases osseuses dans certains cancers. Plusieurs études observationnelles antérieures ont suggéré que ces agents anti-résorption pouvaient également avoir des propriétés anti-tumorales et anti-métastatiques notamment dans le cancer du sein mais sans que cela ne soit étayé par des études randomisées en double aveugle versus placebo. D'où l'intérêt de cette nouvelle étude1 qui a regardé l'incidence de cancers du sein chez les femmes traitées par un bisphosphonate versus placebo dans deux cohortes totalisant près de 14.000 femmes ménopausées.

Pas d'effet protecteur
Dans la cohorte FIT (Fracture Intervention Trial), 6.459 femmes (âge: 55-80 ans) sont traitées par alendronate ou un placebo pour une durée moyenne de 3,8 ans. Dans HORIZON-PFT (Health Outcome and Reduced Incidence with Zoledronic Acid Once Yearly-Pivotal Fracture Trial), 7.765 femmes (âge: 65-89 ans) sont traitées par acide zolédronique iv ou un placebo pour une durée moyenne de 8,2 années. Toutes les femmes avec un historique ou une récidive de cancer du sein sont exclues de l'analyse. Les résultats sont sans appel: on n'observe aucune différence d'incidence du cancer du sein ni dans FIT (1,5% sous placebo versus 1,8% sous alendronate, HR = 1,24, CI95% 0,84-1,83), ni dans HORIZON-PFT (0,8% versus 0,9%, HR = 1,15, CI95% 0,70-1,89). Pour les auteurs, les résultats de ces 2 essais cliniques randomisés vont à l'encontre des données des études observationnelles. Un traitement de 3 à 4 ans par un bisphosphonate ne diminue pas le risque de cancer du sein chez la femme ménopausée et une étude observationnelle ne vaut pas une étude randomisée...

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