Lombalgies douloureuses: mieux vaut bien dormir!
De récentes études ont suggéré que l'intensité de la douleur dans les lombalgies aiguës et la qualité du sommeil sont intimement liées. L'objectif de cette étude était de démontrer qu'un sommeil de qualité peut de fait avoir un effet sur l'intensité de la douleur chez les patients présentant des douleurs lombalgiques aiguës.
Les études sur ce sujet tendent à montrer que les troubles du sommeil et les douleurs sont liés de façon réciproque. Ainsi, la douleur aggrave les troubles du sommeil et les troubles du sommeil aggravent les douleurs. Certaines études suggèrent que le manque de sommeil ou une mauvaise qualité de celui-ci abaisserait le seuil de douleur par des modifications neurobiologiques. De là à penser que traiter les troubles du sommeil (apnées etc.) peut résoudre les douleurs, il n'y a qu'un pas que certains ont franchi dans la fibromyalgie, par exemple. Qu'en est-il dans les lombalgies?
Mieux vaut bien dormir
Un collectif de 1.246 patients1 a été analysé, présentant tous des douleurs lombaires aiguës basses. La qualité du sommeil a été déterminée sur base d'un item du Pittsburgh Sleep Quality Index, exprimé par une échelle de 0 à 3 (0 = très bonne qualité, 3 = très mauvaise qualité de sommeil). L'intensité de la douleur a été déterminée sur base d'une échelle numérique de 0 à 10. Un modèle a été mis au point de manière à examiner la possible relation entre la qualité du sommeil et l'intensité de la douleur. Les résultats démontrent l'effet important d'un sommeil de mauvaise qualité sur l'intensité de la douleur, tel que chaque diminution de 1 point dans l'échelle de qualité du sommeil correspond à un accroissement de 2 points sur l'échelle d'intensité de la douleur (CI 95% 1,99-2,16). Cet effet semble indépendant d'une dépression ou de facteurs pronostiques usuels de douleurs lombaires basses. Pour les auteurs, il ne fait aucun doute que la qualité du sommeil est fortement reliée à l'intensité des douleurs chez ces patients. De nouvelles recherches sont nécessaires pour déterminer si un protocole d'amélioration de la qualité du sommeil de ces patients peut contribuer à résoudre leurs symptômes.