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Lombalgies aiguës et efficacité d'un antalgique: que croire?

Des millions de personnes prennent du paracétamol en cas de douleurs lombaires et s'en déclarent satisfaites. Aujourd'hui ,plusieurs études jettent un pavé dans la mare en niant son efficacité antalgique, un peu comme si on disait d'un AINS qu'il n'a pas non plus d'effet anti-inflammatoire. Alors, qui croire? Peut-être un début de réponse dans cette nouvelle étude australienne...

7 octobre 2014

Le paracétamol est l'antalgique de référence recommandé par la plupart des sociétés internationales dans le traitement de la lombalgie aiguë commune. Une récente méta-analyse comparant un traitement à la demande ou en continu dans les douleurs lombaires basses avait conclu à l'absence d'Evidence based-medicine quant à son efficacité (étude PACE). Le critère primaire était alors la résolution des douleurs, les critères secondaires étaient l'intensité de la douleur et du handicap, la perception du patient, la qualité du sommeil, etc. Aujourd'hui, la même équipe, visiblement insatisfaite des données publiées, a mis sur pied une nouvelle étude1 randomisée contrôlée versus placebo, incluant pas moins de 235 centres australiens contactés entre 2009 et 2013.

Pas de bénéfice
Les 1.652 patients inclus présentaient des douleurs lombaires basses, d'intensité moyenne sur l'échelle VAS, prenant soit du paracétamol pendant 4 semaines 3x/j à la dose de 3.990 mg/j, soit à la demande avec un maximum de 4 g/j, soit un placebo pour une durée de 3 mois. Les patients recevaient aussi une information sur leur maladie et des conseils de mobilisation. Le critère primaire est la durée de résolution de la douleur sur base d'un score de 0 à 10. Les résultats montrent qu'elle est la même entre les trois groupes (17, 17 et 16 jours) avec des HR respectifs de 0,99, 1,05 et 1,05. On n'observe pas non plus de différence entre groupes en ce qui concerne l'adhérence au traitement, le recours à des AINS ou des effets indésirables (18,5%, 18,7% et 18,5%). Pour les auteurs, ces données suggèrent que la prise en continu ou à la demande de paracétamol n'a pas d'influence sur le temps de résolution des symptômes, comparé au placebo. Faut-il vraiment prendre en compte cette conclusion? Qui est prêt à déconseiller le paracétamol à son patient, et avec quelle alternative pour soulager sa douleur?

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