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Comité de l'assurance : Pas d'accord sur le budget 2015

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Hier lundi, le comité de l'assurance a affiché un différend de taille entre les mutuelles, qui ont proposé un budget de 24,2 milliards d'euros pour 2015 et le banc des médecins, des hôpitaux et de l'industrie pharma qui ont voté contre le budget l'estimant trop étriqué (de plus d'un milliard si on avait adopté la norme de croissance de 3%).

Geert Verrijken - 7 octobre 2014

A politique inchangée, le budget 2015 devrait, selon les prévisions se monter à 24,2 milliards l'an prochain. C'est 1,15 milliard de moins que si on appliquait la norme de croissance de 3% à laquelle a droit l'assurance maladie. Soit un budget qui aurait pu atteindre dans ce cas 25,3 milliards.

Jean Hermesse (ANMC) justifie cette proposition par des impératifs de prudence. " Budgétairement parlant, nous traversons une période difficile. Nous estimons donc important de donner aux négociateurs du gouvernement le signal que les partenaires des soins de santé prennent eux aussi leurs responsabilités ", déclare le numéro 2 de la MC. " Notre proposition démontre que nous pouvons réaliser des économies et augmenter l'efficacité des soins, sans que le patient n'en ressente des effets négatifs. C'est de notre responsabilité en tant que cogestionnaire de l'assurance soins de santé. "

Les mutuelles souhaitent engranger 100 millions grâce à la prescription selon la substance et rafler au moins 60 millions sur les honoraires des médecins. 95 millions seraient réinvestis dans un meilleur remboursement des soins dentaires et 48 millions dans le remboursement de la psychothérapie. Les mutuelles veulent réserver encore 15 millions pour l'accessibilité notamment au niveau des maladies chroniques.

Le comité de l'assurance a appelé au vote hier mais n'a pas obtenu la majorité des deux-tiers nécessaire, par 14 voix contre sur 24. La raison : médecins, hôpitaux et industrie ont voté contre. Du côté des dispensateurs, seuls les dentistes ont dit oui.

Comme le veut la coutume, on devait passer à un deuxième round au cours duquel la majorité absolue est suffisante. Toutefois, la plupart des dispensateurs de soins étaient partis et le quorum était insuffisant. Il faudrait donc se réunir plus tard mais le timing ne le permet pas puisque le budget doit être approuvé avant fin octobre. C'est la loi. L'avenir est donc incertain.

Marc Moens, vice-président de l'Absym se désole devant le spectacle proposé par les mutuelles qui " lancent une proposition de budget sans aucune concertation avec le secteur. Les dispensateurs n'ont pas voix au chapitre, le secteur est totalement régi par les mutuelles. "

Pour Moens, des économies pourraient être faites ailleurs, chez les organismes assureurs. En effet, des dizaines de millions pourraient être épargnés via un service unique à l'Inami en intégrant le circuit des remboursements sur le même système IT. " Les incompatibilités actuelles entre les quatre systèmes différents entraînent des problèmes incroyables. " Pour Moens, on pourrait résoudre la situation en actionnant MyCarenet, le ehealth des mutuelles.

Le président du Cartel, Reinier Hueting, considère que les médecins ont fait de gros efforts ces dernières années. Il aurait espéré que les économies puissent être utilisées pour de nouvelles initiatives comme une réévaluation des honoraires, un honoraire-DMG pour les maladies chroniques, la mise en place de l'échelonnement " soft " et des investissements dans la télématique. Il se dit " sonné " par le fait que les économies supplémentaires sur les honoraires doivent financer la consultation du... psychologue. Si le gouvernement considère cette dernière décision comme " noble ", alors il doit " dégager des moyens nouveaux ". Mais cela ne peut se faire sur le dos des honoraires.

Pour les Mutualités socialistes, personne ne nie les besoins en santé mentale et soins dentaires, si l'on en croit la récente enquête nationale santé. Ne pas poursuivre dans la voie d'une revalorisation serait péché. La MS a aussi un message politique : stop aux économies dans le soins de santé. La norme de 3% doit demeurer. D'autant plus que chaque euro investi dans les soins de santé en produit 1,45 dans l'économie.

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