Numerus clausus : L'Absym ne peut pas suivre les étudiants

Malgré la situation de détresse des étudiants en médecine et leur " aversion pour le numerus clausus ", l'Absym ne peut souscrire à l'argument de la pénurie et enterrer la planification qui existe. " Les étudiants ne peuvent pas à la fois défendre la liberté de choix des études et, s'ils l'ont, le droit d'avoir accès à la profession sous prétexte qu'il serait inhumain de leur refuser après des études aussi longues ", estime Marc Moens, vice-président de l'Absym.
Il ajoute que les fonctions annexes que les médecins peuvent exercer n'absorbent aujourd'hui que 20% des diplômés. Et si on peut prévoir leur développement futur, elles ne requièrent aucun numéro Inami.
Moens rappelle le consensus qui s'était dégagé au moment de la mise en place du NC (en 1997). Politiques, syndicats de médecins et mutuelles étaient d'accord pour lutter contre une pléthore qui ne faisait aucun doute puisque les jeunes médecins avaient environ cinq patients par semaine !
Moens met au crédit du NC le fait qu'on ait revalorisé la MG. Elle y a gagné en qualité.
" La situation actuelle de centaines d'étudiants incertains de leur sort est le résultat du sabotage de la planification par les universités francophones qui n'ont jamais respecté les accords. Elles n'ont volontairement pas pris des mesures qui s'imposaient en amont et ont profité du désarroi des étudiants pour les pousser à manifester afin de supprimer le NC. "
Cette situation a agacé la Flandre, en particulier les universités flamandes loyales à appliquer le système. Cela a contribué à attiser les forces favorables à la scission de la sécu, notamment les dentistes flamands.
Face à une Fédération Wallonie Bruxelles qui refuse les mesures de sélection, Marc Moens engage son syndicat à explorer des pistes pour les diplômés qui ne pourront exercer. Mais ce sera d'autant plus complexe qu'en 2018, une double cohorte arrivera sur le marché et fera sentir ses effets pendant 3 à 10 ans. " Il faudra assurer à la fois des postes de stage et les financer. Les universités admettent qu'elles n'en ont pas les moyens et ne pourront assurer la qualité. Elles envisagent ni plus ni moins de les envoyer à l'étranger... "
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas, rappelle Moens, l'Absym qui accorde les numéros Inami. Mais " supprimer toute planification serait suicidaire pour la profession et détrimentiel (sic) pour la qualité des soins ".