Un nouveau rôle pour les inhibiteurs PDE5 dans la prévention du diabète ?
Les auteurs de cette analyse ont investigué les effets des inhibiteurs de la phosphodiestérase 5 (PDE5) sur la fonction endothéliale. L'idée sous-jacente est que cette dernière est perturbée en cas de diabète, avec une vasodilatation NO-dépendante moindre et une production accrue de facteurs pro-inflammatoires, ce qui débouchera en définitive sur les troubles macrovasculaires que l'on sait.
Parmi les 15 études qui entraient en considération (hommes diabétiques de type 2, administration chronique d'inhibiteurs PDE5 et évaluation de la fonction endothéliale), six seulement étaient des essais randomisés et contrôlés - le type de recherches que les investigateurs souhaitaient inclure dans leur méta-analyse.
Vasodilatation démontrée
Au total, leurs travaux ont porté sur 476 hommes atteints de diabète de type 2, dont 239 avaient été randomisés pour recevoir du sildénafil et 237, un placebo. Pour évaluer la fonction endothéliale, les auteurs ont utilisé la vasodilatation dépendante du flux sanguin (FMD) avant et après la prise de sildénafil. Ce paramètre avait été déterminé dans 4 essais randomisés et contrôlés, avec une augmentation moyenne pondérée de 2,9% (qui recouvrait toutefois des résultats très hétérogènes). Une étude a dû être exclue à cause d'un biais de publication. La sous-analyse a confirmé la vasodilatation liée à la prise de sildénafil.
Réduction des marqueurs pro-inflammatoires
Sous sildénafil, on observait une baisse non significative de l'endothéline I (-0,94 pg/ml) et de la hsCRP (-0,36 mg/l). La diminution des taux d'IL-6 était par contre significative (-0,82 pg/ml, p < 0,001).
Cette méta-analyse suggère donc bien que les inhibiteurs PDE5 sont en mesure de modifier le décours naturel du diabète, même si ceci ne clarifie pas encore complètement le rôle thérapeutique de cette classe de médicaments dans la prévention de la dysfonction endothéliale chez les patients diabétiques.