Prévenir le diabète gravidique en adaptant son mode de vie
Au vu des risques bien connus du diabète gravidique pour la mère et l'enfant, la nécessité de prévenir son apparition relève de l'évidence. Cet objectif peut-il être atteint par le biais des recommandations classiques d'adaptation du mode de vie (poids normal, alimentation saine, activité physique régulière et abstention tabagique) ?
Pour cette étude de cohorte prospective, les auteurs ont utilisé les données de la Nurses' Health Study II (débutée en 1989). Leurs recherches ont inclus des femmes ayant mis au monde un nourrisson unique (jusqu'en 2001, année où toutes les participantes atteignaient ou dépassaient l'âge de 35 ans), sans antécédents de diabète gravidique et exemptes de diabète de type 2, de cancer et de maladie cardiovasculaire avant la grossesse. Ils ont ainsi retenu 20.136 enfants de 14.437 mères, dont 823 avaient présenté un diabète gravidique. Des enquêtes organisées tous les dix mois ont livré des informations sur le mode de vie.
Combinaison de quatre facteurs
Le risque de diabète gravidique a été évalué de façon indépendante pour chaque facteur relatif au mode de vie. La combinaison de trois facteurs de faible risque (absence de tabagisme, 2,5 heures d'exercice d'intensité modérée à élevée par semaine et alimentation saine) permettait d'abaisser le risque de diabète gravidique de 41% en comparaison avec l'ensemble des autres grossesses. Si la patiente présentait en outre un BMI <25 avant la grossesse, ce chiffre atteignait 52%. En comparaison avec les patientes qui ne satisfaisaient à aucun de ces critères de faible risque, la probabilité de présenter un diabète gravidique était même réduite de 83% chez les femmes qui associaient ces quatre facteurs.
En résumé
Il ne fait aucun doute qu'un mode de vie " sain " constitue une stratégie efficace pour prévenir la survenue d'un diabète gravidique. Les auteurs notent par ailleurs qu'un excès de tissu adipeux est le meilleur prédicteur de survenue de ce problème. Sachant qu'aux États-Unis, jusqu'à 45% des patientes sont en surpoids lorsqu'elles tombent enceintes, il est plus que vraisemblable qu'un contrôle pondéral avant la grossesse représenterait un moyen efficace de réduire la prévalence du diabète gravidique.