Réduction du risque fracturaire : Le diabète modifie-t-il le résultat du FRAX?
Le diabète de type 2 accroît le risque de fracture indépendamment des autres facteurs de risque répertoriés dans l'outil FRAX. Faut-il en tenir compte dans l'interprétation du FRAX et notamment du risque de fracture de hanche ?
L'étude observationnelle1 a inclus 62.437 personnes âgées de 40 ans et plus, dont 10% avec un diabète de type 2, reconnu comme indépendamment associé à un risque de fractures ostéoporotiques majeures mais qui n'affecterait pas les facteurs de risque du FRAX. Tous ces patients étaient extraits du registre canadien Manitoba, avec une DEXA réalisée entre 1996 et 2011. Avec un suivi minimum de 6 ans, on enregistre 4.218 fractures ostéoporotiques majeures et 1.108 fractures de hanche. Les patients diabétiques ont significativement plus de fractures (7,6 % vs 6,7 % ; p = 0,004), y compris de hanche, une DMO au col fémoral plus basse et plus d'antécédents fracturaires (23,6 % vs 19 % ; p < 0,001). Le diabète apparaît comme un facteur de risque indépendant significatif de fractures ostéoporotiques majeures ajusté pour les facteurs de risque du FRAX, incluant la densité minérale osseuse. On ne note pas d'interaction significative entre un diabète et les facteurs de risque du FRAX ou le site de la première fracture (antécédents fracturaires 1,62 sans diabète, 1,72 avec diabète, p = 0,588). Pour la prédiction des fractures de hanche, on observe que l'âge modifie significativement l'effet du diabète avec un HR de 4,67 en-dessous de 60 ans, de 2,68 entre 60 et 69 ans, de 1,57 entre 70 et 79 ans et de 1,42 au-dessus de 80 ans (p < 0,001).
Le diabète est un facteur de risque indépendant
Pour les auteurs, le diabète est un facteur de risque indépendant de fractures ostéoporotiques qui ne modifie pas significativement la mesure des autres facteurs de risque par le FRAX. L'effet semble plus important chez les sujets jeunes que chez les sujets âgés. Le FRAX et la DMO restent donc des outils intéressants chez le patient diabétique, mais qui peuvent sous-estimer le risque fracturaire.