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Rash cutané et "petite molécule"

L'arrivée des "inib" dans le traitement des cancers a été marquée par la mise en évidence d'un nouveau profil de tolérance dont une des caractéristiques essentielles est la prépondérance des effets non hématologiques, en particulier cutanés. Ces effets indésirables cutanés ont été considérés par certains comme un gage de l'efficacité thérapeutique et, à ce titre, il fallait les respecter. Pas si sûr!

Dr Jean-Claude Lemaire - 14 octobre 2014

Une équipe canadienne s'est posé la question du bien-fondé de cette attitude et pour y répondre, a constitué trois groupes au sein d'une population de 150 malades ayant un cancer pulmonaire non à petites cellules de stade IIIB ou IV réfractaires à une (59%), deux (30%), trois ou plus (10%) lignes de chimiothérapie.

Ces malades ont été randomisés en trois bras avant de recevoir leur première dose d'erlotinib (150 mg/j):
• un bras prophylaxie par minocycline débutée en même temps que l'erlotinib
• un bras traitement par clindamycine topique + hydrocortisone en lotion + minocycline pouvant être débuté dès l'apparition d'un rash de grade 1, obligatoire dès le grade 2.
• un bras contrôle sans traitement pour les rash de grade < 3
L'objectif était double: étudier la relation entre rash et survie, et voir si la prévention ou le traitement du rash était délétère.

Globalement l'incidence des rash a été similaire dans les 3 bras (82 à 84%), mais c'est dans le bras contrôle que les grades 3 ont été les plus fréquents (28%) versus 12% dans le bras prophylaxie et 8% dans le bras traitement.
Tant dans le bras prophylaxie que dans le bras traitement, la moindre survenue de grades 3 a été compensée par un nombre plus élevé de grades 2, respectivement 38% et 36% versus 16% dans le bras sans traitement, des chiffres qui attestent du bénéfice de l'intervention en termes de tolérance.

Les résultats indiquent aussi une absence de différence significative de survie entre les trois bras et confirment l'existence d'une relation entre sévérité du rash et médiane de survie, grade 0/1 (5,5 mois), grade 2 (10,1 mois), grade 3 (11,4 mois), la différence entre grades 0/1 et grades 2/3 étant significative, p = 0,0093.

Les investigateurs concluent que traiter les rash diminue le risque de toxicité de grade 3 sans altérer l'efficacité de l'erlotinib.

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