Origine des infections prothétiques: une infection urinaire en cause?
Une infection urinaire peut-elle être une cause possible de contamination du site d'implantation ? Cette étude laisse perplexe, d'autant que les germes retrouvés dans les urines ne sont pas les mêmes que ceux du site chirurgical...
L'infection après arthroplastie est une complication fréquente et difficile à gérer. Elle implique une reprise de prothèse, avec de multiples contraintes pour un patient souvent âgé et pour l'équipe chirurgicale. Ces chercheurs se sont posés la question de savoir si une infection urinaire pouvait avoir un quelconque impact sur l'incidence des infections sur prothèses en dépit des mesures prophylactiques mises en place. L'étude1 a inclus 2.497 patients recrutés entre 2010 et 2011, tous candidats pour une prothèse totale de hanche ou du genou. Un examen microscopique des urines a été systématiquement réalisé avant l'intervention. Une antibiothérapie préopératoire a été mise en place. Le critère primaire est une infection dans la première année qui suit l'intervention.
Plus d'infections en cas de bactériurie mais ...
La prévalence de bactériuries asymptomatiques est de 12,1%, plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes (16,3% et 5%, OR = 3,67, p < 0,001). Le taux d'infections sur prothèse est significativement plus élevé chez les patients qui présentent une bactériurie asymptomatique que dans le groupe sans bactériurie (4,3% versus 1,4%, OR = 3,23, p = 0,001). L'antibiothérapie ne semble pas modifier sensiblement le taux d'infection (3,9% sous antibiotiques versus 4,7% sans antibiotiques). Les germes urinaires identifiés sont principalement des gram -, mais ces germes ne sont pas les mêmes que ceux retrouvés sur le site de l'infection prothétique. Pour les auteurs, une bactériurie asymptomatique est un facteur de risque indépendant d'infections sur prothèses. Hasard ou réalité? Il est difficile de se prononcer, d'autant que l'étude n'est pas randomisée et qu'on ne voit pas très bien comment des germes urinaires pourraient contaminer le site chirurgical dans un contexte d'asepsie et d'antibiothérapie.