Schizophrénie et troubles bipolaires : un tronc commun ?
La perte des terminaisons dendritiques dans le cortex dorsolatéral préfrontal a été démontrée dans des études précédentes lorsque la schizophrénie est diagnostiquée chez un patient. Des chercheurs ont voulu savoir si c'était aussi le cas pour le trouble bipolaire.
Les chercheurs ont donc étudié des patients ayant souffert de ces deux troubles, mais de façon un peu particulière puisqu'il s'agit d'une étude post-mortem. Ils ont pu recueillir le tissu cérébral de 14 patients schizophrènes, de 9 patients bipolaires et les ont comparés à 19 contrôles. A partir de là, ils ont observé le nombre de terminaisons dendritiques, leur densité et leur longueur à travers tous les groupes. Ils ont aussi évalué les effets potentiels des variables cliniques et démographiques sur les paramètres dendritiques.
Les résultats montrent que la densité des terminaisons dendritiques est nettement diminuée de plus de 10% chez les patients bipolaires par rapport aux individus contrôles. Chez les individus souffrant de schizophrénie, cette baisse est de 6,5%, ce qui n'est pas suffisant pour être significatif. Les chercheurs ont aussi constaté une baisse du nombre moyen de terminaisons nerveuses tant chez les schizophrènes, 21,6% en moins, que chez les bipolaires, 25,8% en moins par rapport aux contrôles. De plus, dans les deux groupes de patients, la longueur des dendrites est réduite de plus de 18%.
Bien que les deux maladies soient très différentes, les auteurs de l'étude voient dans ces similitudes de pertes dendritiques la possibilité qu'elles pourraient partager certains développements physiopathologiques communs. Par ailleurs, il est possible que des études futures, selon les auteurs, permettent de révéler d'autres similitudes ou d'autres différences, ce qui constituerait une voie de recherche vers de nouveaux biomarqueurs et pourquoi pas de nouveaux traitements.