Une nouvelle facette préventive de l'aspirine
Après plus d'un siècle d'existence, l'aspirine nous surprend encore.
Les données des 6.390 patients inclus dans l'étude REDUCE ont été mises à contribution par une équipe américaine pour rechercher une éventuelle association entre utilisation d'aspirine (ASA) ou d'autres anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) et diagnostic de cancer de la prostate.
Cette étude a été choisie car pratiquement tous les hommes inclus ont eu une biopsie de prostate, indépendamment de leur taux initial de PSA, ce qui permet d'avoir une vision non biaisée de l'impact de l'utilisation d'ASA/AINS sur le diagnostic de cancer de la prostate.
Dans REDUCE, les patients inclus avaient un PSA initial compris entre 2,5 et 10 ng/ml et une biopsie négative.
Par rapport aux non-utilisateurs (50%), les investigateurs ont rapporté une probabilité de diagnostic de cancer de la prostate diminuée globalement de 14% chez les utilisateurs d'ASA (21%), d'AINS (18%) ou des deux (11%).
L'ajustement pour les facteurs confondants ne modifie pas de façon notable le résultat (13%). A noter que ce sont les formes à haut grade qui semblent le plus sensibles à l'utilisation d'ASA/AINS puisque la probabilité de diagnostic de ce type de cancer de la prostate est réduite de 17%. Il n'y a en revanche pas d'association significative pour les formes de bas grade.
Ces résultats concernent tant les Européens que les Américains, sont retrouvés aussi bien chez les patients randomisés vers le bras dutasteride ou le bras placebo et sont indépendants du taux initial de PSA.