" Suspendre les vols envenimerait la situation " selon Brussels Airlines

Le patron de la compagnie aérienne belge, la dernière à relier les zones les plus touchées par Ébola, refuse de céder à la panique face à l'évolution galopante de l'épidémie en Afrique de l'Ouest. Brussels Airlines ne suspendra pas ses vols. Et pour cause, la majorité des passagers sont actuellement des équipes médicales ou d'aide humanitaire.
La Belgique est le dernier lien entre le monde extérieur et l'épicentre de l'épidémie d'Ébola, rappelle d'emblée Bernard Gustin, le CEO de Brussels Airlines. La compagnie est en effet la seule à encore organiser des longs courriers vers la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.
" Nous ne sommes pas une organisation humanitaire, pour suspendre les vols il faudrait un changement significatif du modèle de risque. Isoler complètement la région du reste de la planète rendrait la situation encore plus grave ", estime-t-il, interrogé par l'agence Bloomberg.
La semaine dernière, le patron de Brussels Airlines s'est personnellement rendu à Monrovia, la capitale libérienne, pour s'assurer de l'efficience des mesures de précaution et du contrôle des passagers.
Le virus Ébola est responsable de 4.500 victimes jusqu'ici et que la prévalence risque d'atteindre 10.000 personnes le 1er décembre prochain selon l'OMS. Mais ces chiffres occultent la faible incidence au-delà de l'Afrique de l'ouest, dixit Bernard Gustin.
" Lorsque vous observez les dix cas répertoriés en Europe, qu'il s'agisse de touristes, de médecins ou d'infirmières, tous étaient en contact direct avec des malades en fin de vie. Vous devez comparer cela avec le nombre de passagers voyageant chaque jour ", relativise le CEO de Brussels Airlines.
Il convient de noter que la compagnie Air France dessert encore Conakry tandis que la Lufthansa n'assure plus de vols proche de l'épicentre mais relie le Nigéria.
Avec l'épidémie, les volumes de passagers à destination de ces régions ont globalement chuté. Mais la baisse a été compensée par un pic des vols d'aide humanitaire, explique Bernard Gustin.
Cela a évidemment chamboulé les activités de fret aérien, dont 10% sont désormais alloués au transport des vivres et des médicaments.
L'aéroport de Zaventem n'a pas mis en place les procédures spécifiques recommandées par l'OMS mais Brussels Airlines est conseillée par l'institut de médecine tropicale d'Anvers, mondialement reconnu pour ses actions préventives historiques lors de l'épidémie de fièvre hémorragique en 1976 dans le bassin de la rivière Ébola.
" Ébola est une terrible maladie mais un virus très faible. Nous savons très bien comment a lieu la transmission. J'espère que nous resterons raisonnables et analyserons les faits sans paniquer. Toute hystérie doit être maîtrisée ", conclut le patron de Brussels Airlines.