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Ebola : conseils aux médecins belges

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Les généralistes belges, les spécialistes ainsi que le personnel soignant ne doivent en aucun cas céder à la panique par crainte de contracter Ebola. S'ils appliquent correctement toutes les directives, le risque est quasi inexistant. Des conseils doivent toutefois être dispensés d'une façon plus structurelle, au départ d'un seul site d'informations. " Il sera bientôt en ligne ", assure le Dr Jan Clerinx, clinicien à l'Institut de médecine tropicale.

Nicolas de Pape - 20 octobre 2014

La Belgique est considérée comme un pays sensible à la menace du virus Ebola, notamment parce que de nombreux compatriotes oeuvrant pour Médecins sans Frontières sont actifs dans des zones en crise, mais aussi parce que bon nombre de Belges ont encore de la famille habitant dans ces régions. Par ailleurs, Brussels Airlines est encore la seule compagnie aérienne en Europe à assurer des liaisons vers les pays touchés par le virus.

Mais le virologue Marc Van Ranst insiste pour ne pas dramatiser la situation. " Les thérapeutes connaissent parfaitement les mesures de prévention à prendre pour ne pas être contaminés. De plus, aucun cas n'a été diagnostiqué en Belgique ". Le Dr Clerinx, clinicien à l'Institut de médecine tropicale, conseille à toute personne ayant eu un contact à risque de se présenter chez un médecin afin d'y subir une analyse et ce, avant son retour dans le pays. " Souvent, des familles ne se sont pas prémunies contre la malaria, et les symptômes sont, pour la plupart du temps, une fausse alerte. Le personnel soignant venant de Belgique encourt un risque élevé d'être exposé, mais un faible risque d'être contaminé. Il est bien entraîné et sait très bien comment se protéger. Par ailleurs, il y a suffisamment de personnel sur place pour ne pas devoir aller travailler dans l'urgence ".

Rester attentif

Le Pr Van Ranst conseille aux généralistes de rester attentifs aux symptômes lorsqu'un patient revenant d'une zone à risque vient les consulter. " Mais il existe évidemment de nombreuses autres maladies qui se traduisent par de la fièvre. S'il a un doute, le médecin doit immédiatement prendre contact avec l'inspecteur sanitaire. Il ne faut pas oublier que 99,9% des personnes venant de ces pays à risque ne sont pas contaminées. Les mesures à prendre sont les mêmes qu'en cas de tuberculose ouverte par exemple : aucun contact direct avec les fluides corporels ". Le Dr Clerinx approuve l'intérêt d'une vigilance, mais ajoute que les médecins ne doivent en aucun cas céder à la panique. " Au moindre doute, un généraliste doit prendre contact avec l'un des centres de référence, comme l'Institut de médecine tropicale. Les mesures de protection élémentaires - porter des gants, aucun contact direct avec les fluides corporels - sont suffisamment efficaces. Je conseillerais bien sûr d'isoler aussi vite que possible le patient à risque pour qu'il y ait le moins de contacts directs ".

Les patients des généralistes peu infectieux

Un médecin généraliste ne court qu'un faible risque d'être contaminé, parce que les patients atteints du virus qui se présentent à lui, n'ont que les premiers symptômes de la maladie et sont par conséquent peu infectieux. En revanche, le risque d'infection les jours suivants, lors d'une hospitalisation, augmente considérablement. " C'est pourquoi il est nécessaire d'informer un maximum les spécialistes et le personnel hospitalier ", estime le Pr Van Ranst. " Nous devons apporter une réponse à chacune de leurs questions, ainsi qu'à celles des thérapeutes. "

En termes de protection maximale, il existe aussi les combinaisons de sécurité. " Il faut pouvoir s'exercer à les mettre et surtout les retirer, avant tout contact éventuel avec un patient ", estime encore le Pr Van Ranst. " Des collègues se tiennent prêts pour donner des conseils. " Pour que ce soit clair, ces combinaisons ne sont pas mises à disposition des généralistes car le risque d'infection est minime.

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