Un budget de 23,8 milliards dont 345 millions d'économies véritables

Elaboré " dans un délai très serré " vu le vote de confiance au gouvernement intervenu fin de semaine dernière, le budget Inami pour 2015 proposé au conseil général ce matin s'élève à 23,847 milliards. Il prévoit 345 millions d'économies véritables dont 70 millions sur les honoraires médicaux. Ce budget est de 2% supérieur à 2013.
Le gouvernement a fait au conseil général de l'Inami une proposition de budget pour 2015 qui s'élève à la coquette somme de 23.846.820 K euros (près de 1.000 milliards de d'anciens francs) tenant compte d'une norme de croissance réelle d'environ 1,94% par rapport à l'an passé.
Des économies importantes sont toutefois demandées au secteur. Le document du gouvernement souligne que l'épure est fidèle à la déclaration gouvernementale mais il est évidemment bien trop précoce pour distinguer dans ce catalogue la " patte " du nouveau gouvernement, notamment sa promesse d'utiliser des critères objectifs tels l'EBM.
Opportuniste, le gouvernement escompte, pour commencer, une économie de 9,4 millions en raison du non-dépassement d'index et entend ne pas dépenser les 17 millions prévus pour le DMG+ en raison de son manque de succès.
En reportant l'application obligatoire du tiers-payant social en juillet alors qu'il devait démarrer en janvier, la note mise sur 38 millions d'économies. Idem pour les mammographies digitales pour lesquelles un montant de 8,5 millions sur une base annuelle avait été prévu mais ne sera pas dépensé.
Le centre de psychiatrie médico-légale de Gand a pris du retard et le taux de remplissage ne devrait qu'être de 70% au lieu de 100% (sous-utilisation : 5 millions).
L'industrie pharmaceutique a été " priée d'apporter sa contribution ". Elle est comme d'habitude substantielle : 101,5 millions sur base annuelle.
Puisqu'il y aura un saut d'index pour le personnel hospitalier, le gouvernement demande aux médecins un effort comparable au niveau de la nomenclature et n'accordera pas l'indexation unique de la masse des honoraires, ce qui rapporte la bagatelle de 70,5 millions.
En matière de réanimation, l'application de diverses ficelles (le fait de considérer le jour de départ et le jour d'admission comme un seul jour) permet de soustraire 19 millions d'euros.
En matière de dialyse, le gouvernement escompte que l'encouragement des patients à les réaliser à domicile rapportera 8 million d'euros. Un plafond que les centres de dialyse devront respecter rapportera quelques millions également et 15 millions viendront de la diminution linéaire des honoraires. La note espère donc un bol d'air de 23 millions sur ce poste.
Autre économie espérée plus que réalisée, les 8 millions qui reposent sur une utilisation plus "rationnelle" des pacemakers. Les Belges et les cardiologues en seraient plus friands que nos voisins allemands et néerlandais(+25%). Un alignement sur nos voisins est vivement encouragé. En parallèle, 25 millions devraient être économisés sur les implants et les dispositifs médicaux invasifs.
En matière d'accouchements, nous serions également plus larges que l'Europe de l'Ouest et du nord : 4,5 jours de durée moyenne d'hospitalisation contre 2,1 pour nos voisins. En 2015, on réduira donc d'un demi jour, la moyenne, ce qui devrait engranger 11,7 millions tenant compte du fait que les 90.000 séjours (en 2011) coûtaient chacun 2.906 euros.
Viennent ensuite les économies dites " proactives ", à savoir qu'on fera la chasse aux gaspillages au sein d'une task force créée à cet effet. Les comportements irrationnels (variations inexplicables) seront sanctionnés. 12 millions sont attendus globalement. La répartition des efforts n'est bien sûr pas encore connue.
Une réforme d'importance concerne les tickets modérateurs qui seraient calculés non plus en pourcent de l'honoraire mais en valeur absolue. Les variations (entre spécialistes) seront lissées. Les bénéficiaires du tarif préférentiel paieront désormais 3 euros chez le spécialiste, les bénéficiaires normaux 12 euros quel que soit l'honoraire (économies : 33 millions).
Le total des économies réelles se monte à 345 millions d'euros (355 avec le non-index). Les montants évoqués ça et là de 2,9 milliards d'économies sont calculés par rapport à la nouvelle norme de croissance, plus faible.