Infection urinaire sur cathéter (2)
Toujours à propos d'infection urinaire sur cathéter et en attendant que le vaccin ci-dessus évoqué voie le jour, rien n'empêche d'avoir recours au stratagème décrit par une autre équipe américaine.
Le principe est extrêmement simple. Il s'agit d'introduire dans les dossiers électroniques des patients des alertes automatiques incitant les médecins à revoir périodiquement l'utilité du maintien d'une sonde vésicale en fonction du cas particulier du malade. L'étude a été menée sur près de 223.000 patients admis dans 3 hôpitaux de Pennsylvanie sur une période de 3 ans.
Dans les dossiers électroniques, les médecins devaient mentionner la raison qui avait conduit à la mise en place d'une sonde vésicale et en fonction de ce renseignement, ils étaient alertés de façon à réévaluer le besoin du maintien d'une sonde qui n'aurait pas été enlevée endéans une période de temps prédéfinie selon la raison initiale.
Dans un premier temps, ces alertes ont abouti au retrait de 2% des sondes, ce qui était inférieur à ce qui était espéré. Les investigateurs ont alors retravaillé leur protocole et ont simplifié les bases sur lesquelles reposait le déclenchement des alertes (approche reposant essentiellement sur les directives générales des CDC déjà en vigueur dans les hôpitaux participants). Cette simplification a multiplié par sept le nombre de sondes enlevées après alerte, le pourcentage atteignant 15%.
Parallèlement il a été observé une diminution des infections urinaires qui sont d'abord passées de 0,84/1000 patients-journées à 0,70/ patients-journées, puis à 0,50/ patients-journées lors de la mise en place des alertes simplifiées.
Ce sont les services accueillant des femmes qui ont eu la plus grande proportion d'alertes engendrant un retrait de la sonde.