Polyarthrite rhumatoïde: 25 ans de suivi pour conclure que moins de 5 mg/ j de corticoïdes suffisent...
L'usage des glucocorticoïdes dans la PR est associé à un accroissement dose-dépendant des taux de mortalité. Les schémas actuels visent donc à réduire les doses mais jusqu'où peut-on descendre? La réponse avec cette étude impressionnante par sa durée, qui inclut 308 patients avec une polyarthrite rhumatoïde suivis pendant un quart de siècle...
Dans la polyarthrite rhumatoïde, une relation a été établie par le passé entre l'emploi des glucocorticoïdes (GC) et les événements cardiovasculaires. Du fait qu'ils sont un des piliers du traitement de la PR, en association au méthotrexate, beaucoup de travaux se sont attachés à faire le point sur cette potentielle toxicité, considérant aussi que la PR per se est associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Le seuil de 8 mg/j a été proposé, au-delà duquel le risque de mortalité s'accroît significativement. Mais est-ce encore efficace sur le long terme et quel est l'impact sur l'emploi des DMARD's?
Moins de 5 mg : efficace et sûr
Ce nouveau travail d'envergure1 a analysé les dossiers de 308 patients américains avec une polyarthrite rhumatoïde suivis pendant 25 ans. Toutes les dates de consultations, tous les traitements et tous les éléments d'appréciation de l'état des patients (score de douleur, mobilité, fonction physique ...) ont été analysés. De 5 en 5 ans, la dose moyenne quotidienne de prednisone a diminué, passant de 10,3 mg entre 1980-1984 à 6,5 (1985-1989), 5,1 (1990-1994), 4,1 (1995-1999) et 3,6 mg/ j (2000-2004). La dose initiale était > 5mg/ j chez respectivement 49, 16, 7, 7 et 3% des patients et <5 mg/ j chez 0, 4, 23, 67 et 86% des patients. La réduction des doses est allée de pair avec un usage plus important et plus précoce du méthotrexate chez 10, 26, 57, 71 et 78% des patients. Les plus hautes doses de méthotrexate ont commencé à être prescrites après 1990. Les patients ont continué à être traités par ces faibles doses de prednisone + hautes doses de MTX avec des effets secondaires (HTA, cataracte, diabète) chez moins de 10% des patients. Même s'il ne s'agit que d'une étude observationnelle, ces données suggèrent que la plupart des patients avec une PR peuvent être traités efficacement avec ces faibles doses de corticoïdes associées au méthotrexate.