Heures de travail et incidence du diabète de type 2
Travailler trop longtemps, c'est mauvais pour la santé... mais à des degrés divers selon les individus. Une étude s'est intéressée à l'influence du statut socio-économique sur le risque de diabète de type 2 en fonction du nombre d'heures de travail hebdomadaires.
Dans le cadre de cette méta-analyse, 222.120 patients des deux sexes en provenance des États-Unis, d'Europe, du Japon et d'Australie ont été poolés dans un modèle à effets aléatoires. Les études présentaient en effet une grande hétérogénéité.
Différence de statut socio-économique
L'incidence du diabète de type 2 s'élevait à 29 pour 10.000 personnes-années à risque. Le rapport de risque minimalement affiné d'un temps de travail hebdomadaire élevé (55 heures ou davantage) par rapport à un temps de travail standard (35 à 40 heures/semaine) correspondait à une augmentation de l'incidence de 3 cas par 10.000 personnes-années.
Les auteurs ont réalisé une analyse stratifiée en fonction du statut socio-économique. Le lien entre charge horaire hebdomadaire élevée et diabète était très clair chez les sujets socio-économiquement défavorisés (risk ratio 1,29 ; IC 95% 1,06-1,57 ; différence d'incidence 13 par 10.000 personnes-années, I2 = 0% ; p = 0,4662) et au contraire inexistant dans les groupes socio-économiques les plus élevés (1,00 ; IC 95% 0,80-1,25 ; différence d'incidence 0 par 10.000 personnes-années ; I2 = 15% ; p = 0,2464).
L'association avec le statut socio-économique plus faible persistait après correction pour l'âge, le sexe, l'obésité et le degré d'activité physique, ainsi qu'après exclusion des travailleurs en poses.
En résumé
Des recherches antérieures avaient déjà établi que l'impact néfaste d'une longue semaine de travail sur la santé cardiovasculaire ne se retrouvait que dans les groupes socio-économiques défavorisés. Les auteurs de cette étude viennent à présent de confirmer, dans ce même groupe, l'existence d'un lien entre une semaine de travail de plus de 55 heures et l'apparition d'un diabète de type 2. Ils soulignent néanmoins que leurs travaux présentaient deux limitations importantes : d'une part l'hétérogénéité des données et d'autre part le fait que le nombre d'heures de travail n'avait été mesuré que de façon ponctuelle et n'était donc pas nécessairement représentatif de la situation sur le long terme.