La greffe de pénis pourrait être expérimentée sur l'Homme d'ici 5 ans
Révélée par le quotidien britannique The Guardian, l'information peut prêter à sourire. Elle n'en est pas moins stimulante pour de nombreux hommes. Des chercheurs du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine envisagent en effet d'ici cinq années de greffer sur des humains des pénis qu'ils ont créés artificiellement en laboratoire.
L'idée trotte dans les têtes de cette équipe de 300 personnes depuis 1992. A la pointe de la médecine régénérative, ils ont été les premiers au monde, en, 1999, à implanter un organe cultivé en laboratoire, une vessie en l'occurrence. Depuis, ils ont réussi à réaliser et transplanter des vagins à des femmes nées avec une anomalie congénitale rare. Ils travaillent désormais sur la régénération des tissus de plus de 30 zones différentes du corps.
Pour ce qui concerne la greffe de pénis, l'urologue Anthony Atala et ses collègues aimeraient pratiquer des essais sur les humains à partir de 2020, ce qui signifie qu'ils doivent prouver la fiabilité de leur technique auprès de l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) dans les 5 ans.
Les résultats qu'ils ont obtenus en 2008 à la suite d'implantations de pénis sur des lapins sont encourageants : sur 12 greffés mis en présence de femelles, tous ont essayé de s'accoupler, huit ont réussi à éjaculer et quatre ont ensuite obtenu une progéniture.
Mais comment procèdent ces scientifiques ? Ils obtiennent tout d'abord un pénis de donneur et ils enlèvent toutes les cellules qu'il contient à l'aide d'un détergent. Il reste alors un échafaudage de collagène sur lequel ils sèment une combinaison de cellules endothéliales et de tissus musculaires lisses provenant du destinataire.
En utilisant les propres cellules du patient, ils éliminent le risque de rejet immunologique qui se produit souvent lorsque les greffes proviennent d'une autre personne. Cependant, puisque les cellules sont prélevées dans les organes génitaux du mâle, la procédure de reconstruction ne peut pas être utilisée pour la chirurgie de réassignation du sexe féminin au sexe masculin. Sont concernées, les personnes souffrantes de mutilations, de déformations congénitales, de lésions cancéreuses ou de troubles érectiles.
Par ailleurs, si la méthode permet de diminuer considérablement le risque de rejet physique, des complications d'ordre psychologique sont tout de même à craindre. En 2005, le premier homme à avoir reçu une greffe de pénis avait demandé à le retirer deux semaines seulement après l'opération. En cause, de sévères problèmes psychiques rencontrés par le bénéficiaire et sa femme.
Désormais, les chercheurs attendent donc le feu vert de la FDA. A partir de cellules appartenant à de futurs greffés, ils ont déjà conçu six pénis " prêts à l'usage ". Ils pensent néanmoins qu'un objectif plus réaliste serait de commencer par des remplacements partiels.
Enfin, selon le Pr Atala, interviewé par The Guardian, " ces travaux s'inscrivent dans une réflexion plus large, sur l'absolue nécessité de générer artificiellement des organes, à l'heure d'une société marquée par le vieillissement et la rareté des dons. "http://www.theguardian.com/science/2014/oct/05/laboratory-penises-test-on-men