Réforme des hôpitaux : Solidaris soutient Maggie De Block
La Mutualité socialiste juge " pertinent et audacieux " le projet de réforme de la ministre de la Santé visant à renforcer la spécialisation des soins hospitaliers. Le secrétaire-général se dit même prêt à " prendre part sans délai à sa mise en oeuvre ".
Toute idée en provenance du nouveau gouvernement fédéral n'est pas à mettre au pilon. La preuve ce vendredi avec le secrétaire général de Solidaris.
Le jugeant " pertinent et audacieux ", Jean-Pascal Labille a en effet validé le projet de réforme de Maggie De Block (Open Vld) visant à renforcer la spécialisation des soins hospitaliers et à les intégrer dans des réseaux locaux entre hôpitaux. À tel point qu'il se dit prêt à " prendre part, sans délai, à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'une telle réforme ".
Mais la Mutualité socialiste reconnaît que concrétiser cette ambition politique ne sera pas une mince affaire, mais une évolution progressive du système existant lors de laquelle il faudra veiller à ne pas seulement répondre aux besoins d'économies budgétaires.
" Il est impératif de contribuer à ce que les différentes lignes de soins collaborent et s'échangent les informations plutôt que de se faire concurrence ", rappelle Jean-Pascal Labille.
Entrecroisement des lignes
La première ligne de soins doit constituer le premier contact de la population avec le système de santé, le médecin généraliste y joue un rôle-pivot en coordination avec le secteur social. Ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle, souligne le secrétaire général de la Mutsoc.
La deuxième ligne de soins doit compléter la première et là où cela a du sens en terme de santé publique, " se spécialiser dans la prise en charge de groupes de pathologies plutôt que de vouloir tout prendre en charge partout ".
La troisième ligne de soins doit avoir pour mission la prise en charge de problèmes de santé complexes, rares ou nécessitant une expertise rare. Elle doit dès lors faire l'objet d'un financement spécifique.
En appui des différentes lignes de soins, il faut intégrer les centres de revalidation et de convalescence, des centres de court séjour, lorsque le retour à domicile après une phase de soins aigus n'est pas possible.
Refinancement
La réalisation d'une telle refonte du système nécessitera naturellement des financements. La première source se situe au niveau des autorités publiques, qui disposent selon Solidaris des moyens pour rencontrer les besoins de l'ensemble de la population.
Mais il convient évidemment de revoir le système de financement hospitalier. Pour Solidaris, il s'agit de notamment poursuivre la politique de limitation de suppléments d'honoraires médicaux, de ne pas rembourser des actes ou technologies dont la plus-value thérapeutique n'est pas ou plus reconnue et progresser vers un financement forfaitaire complété par des incitants financiers à la qualité des soins.
En synthèse, au nom de l'amélioration de l'offre de soins, Solidaris entend se veut " un partenaire particulièrement disponible et constructif de la Ministre de la Santé nouvellement nommée ".