Numéros Inami : plus de 300 étudiants de l'UCL en grève
Des centaines de candidats médecins sont en grève ce lundi pour protester contre l'épuisement des numéros Inami. Un mouvement spontané non pas pour prendre en otage les patients mais les sensibiliser à une situation inadmissible. Les futurs diplômés de l'ULg et de l'ULB suivront.
Des centaines de blouses blanches dans la rue. Il s'agit d'un mouvement spontané de l'auditoire de master 4 de l'Université catholique de Louvain. Cela représente 314 étudiants en dernière année de médecine mais la démarche ne se limite pas aux futurs diplômés de juin 2015, les premiers concernés par l'incertitude d'obtenir le sésame pour exercer. Elle attire aussi les étudiants qui feront face à une situation d'épuisement des numéros dans deux ou trois ans.
" Nous sommes donc bien plus que 300 étudiants dans ce mouvement suivi mieux qu'espéré ", se félicite Alexis Wérion, délégué du MA4.
Cette grève se veut informative selon l'organisateur, l'ambition n'est pas directement politique mais vise à sensibiliser la population à la problématique. " L'insuffisance de quotas est une aberration, on s'apprête à jeter 2.200 années d'études dans une médecine non curative. La médecine du travail, la médecine de l'assurance, une médecine qui ne peut même pas absorber toutes ces recrues ", insiste le délégué étudiant de l'UCL.
La plupart des étudiants seraient sur le départ, une réalité dommageable sachant que ces années d'études payées par notre communauté seront investies dans la politique de santé étrangère.
Défaut de prévoyance des étudiants ?
Tout le monde s'accorde à dire que le gouvernement fédéral, les exécutifs communautaires et les doyens des facultés de médecine partagent la responsabilité de cette mauvaise gouvernance laissant désormais planer une menace sur nos médecins de demain. Cependant, l'on peut se demander si les étudiants qui bénéficiaient jusque-là des numéros ponctionnés dans les réserves se sont un jour émus du sort de leurs successeurs.
" La situation est telle qu'elle est. Je n'ai pas à juger qui que ce soit. Ce que je constate c'est que 50% de l'auditoire n'a pas de numéros Inami. Dans un cas de figure pareil, il ne faut pas chercher les fautifs mais chercher les dysfonctionnements et les éliminer ", nuance Alexis Wérion.
Seule solution : " un numéro pour tous "
Après tant d'années d'études, dans l'urgence, on s'en doute, les candidats médecins ont une revendication prioritaire: un numéros Inami pour tous.
" Au-delà toute piste est bonne à explorer, notamment le cadastre. Je pense que tout étudiant est pour. Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous, diplômés dans quelques mois, on ne sait pas si le cadastre interviendra pour nous. Nous sommes bloqués ", reconnaît le délégué étudiant de l'UCL.
Une fois ce cadastre mis en place, il conviendra de redistribuer les numéros des médecins inactifs mais aussi d'augmenter les quotas pour les spécialités en déshérence.
En l'absence d'une main-d'oeuvre essentielle, à savoir ces étudiants en stage, les services des cliniques Saint-Luc fonctionnent normalement. La grève spontanée se veut symbolique. " Notre but n'est vraiment pas de mettre à mal la qualité des soins et les patients mais d'informer la population face à cette situation inadmissible. Nous ne sommes pas dans une optique de prise d'otage mais de sensibilisation ", ponctue Alexis Wérion.
Concernant la suite des mouvements, il est encore trop tôt pour le savoir. Les étudiants se réuniront ce lundi soir en assemblée générale. Les étudiants de l'Université Libre de Bruxelles et de l'Université de Liège mèneront probablement les mêmes actions en fin de semaine.