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Polyarthrite rhumatoïde et anti-TNF: prudence chez les patients avec des hépatites chroniques

Dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, les anti-TNF imposent un suivi attentif du patient en matière de risque infectieux au point de proposer une prophylaxie antituberculeuse. Mais qu'en est-il chez des patients chroniquement infectés par un virus B ou C de l'hépatite ?

28 octobre 2014

Les anti-TNF constituent aujourd'hui le traitement de choix dans la polyarthrite rhumatoïde (PR), la spondylarthrite ankylosante, etc. Leur sécurité d'emploi a fait l'objet de nombreuses études considérant leur effet sur l'immunité et en particulier la défense contre les infections (tuberculose...). En parallèle, l'incidence des infections par les virus B et C de l'hépatite est en augmentation avec plus de 200 millions de personnes infectées dans le monde. La probabilité s'accroît d'être un jour face à un patient VHB ou VHC + avec une PR à un stade justifiant l'emploi d'un anti-TNF. A quels effets peut-on s'attendre sur le long terme?

Une sérologie virale indispensable
Cette nouvelle étude1 évalue l'effet d'un traitement par agents biologiques d'une durée d'au moins 36 mois sur la sérologie virale, les enzymes hépatiques et les tissus hépatiques de patients avec une PR, une spondylite ankylosante et une maladie de Crohn. Six patients avaient une hépatite C chronique, 2 avaient une hépatite B chronique et un patient avait les 2 virus. Sous anti-TNF, le patient avec une coinfection a fait une poussée d'infection justifiant un traitement dirigé contre le virus C. Deux patients avec un HBV ont fait une conversion de l'HBsAg avec une charge virale basse en fin d'étude. Ces données montrent que l'usage prolongé d'agents anti-TNF peut stimuler la réplication virale avec la nécessité en finale de traiter ces patients. Les auteurs déplorent le peu de données disponibles sur la sécurité des anti-TNF chez ces patients infectés. Ils suggèrent qu'en préalable à l'usage des anti-TNF, un dépistage des 2 virus B et C soit systématiquement pratiqué, spécialement dans les régions endémiques. Ces patients doivent aussi faire l'objet d'un suivi attentif avec contrôle régulier de la sérologie virale et des taux de transaminases, en prélude le cas échéant à la mise en place d'une prophylaxie anti-virale.

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