Cancer prostatique: combiner immuno- et radiothérapie
Les progrès de la radiothérapie et de l'immunothérapie permettent aujourd'hui d'imaginer de nouvelles stratégies thérapeutiques combinant les deux modes d'attaque des tumeurs.
La radiothérapie a souvent été considérée comme immunosuppressive. Les connaissances actuelles ont, cependant montré que les rapports entre les radiations ionisantes et le système immunitaire sont plus complexes qu'on ne le pensait. Un article de synthèse fait le point sur la combinaison possible entre les deux. Ainsi sait-on qu'il n'y a pas de lymphopénie chez les patients présentant un cancer prostatique traité par radiothérapie. Au contraire, dans certains cas comme dans l'adénocarcinome prostatique de haut grade, la radiothérapie peut induire l'activation d'une voie métabolique particulière, la SAPK/JNK (stress-activated protein kinases/Jun amino-terminal kinases). Il peut alors se former des antigènes spécifiques. Par ailleurs, la radiothérapie induit l'apparition de cytokines pro-inflammatoires.
Activation de l'immunité
Dans différents modèles de cancer, les cellules tumorales exposées aux radiations expriment des molécules appartenant au complexe majeur d'histocompatibilité de classe 1, des molécules d'adhésion ICAM-1 ou encore des ligands pour les lymphocytes NK. La tumeur peut également devenir plus sensible aux lymphocytes T. Enfin, les radiations modifient aussi le phénotype tumoral rendant la tumeur plus susceptible d'être atteinte par un vaccin approprié. Par ces différentes voies, la radiothérapie peut activer tant l'immunité innée qu'adaptative à combattre les cellules cancéreuses sur le site même de la tumeur.
Ipilimumab et radiothérapie
Une étude récente de phase III, publiée dans 'The Lancet Oncology' montre une tendance en faveur de l'ipilimumab en deuxième ligne par rapport au placebo concernant la survie globale des patients avec un cancer prostatique métastatique résistant à la castration traités par radiothérapie. Si la significativité statistique n'est pas atteinte, il apparait que certains sous-groupes pourraient mieux bénéficier de la combinaison radio/immunothérapie.
Pas mal de nouvelles études cliniques en perspective, donc...
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