Anti-inflammatoires et dépression
Beaucoup d'études ont rapporté que les anti-inflammatoires pouvaient avoir des effets antidépresseurs. Cependant, les résultats semblent controversés et, selon certains, mieux vaudrait parfois éviter leur utilisation...
Des scientifiques danois se sont penchés sur la littérature et ont fait une revue systématique des études publiées jusqu'en décembre 2013. Ils n'ont repris que les études randomisées contrôlées contre placebo évaluant l'efficacité et les effets secondaires des traitements pharmacologiques anti-inflammatoires chez les adultes souffrant de symptômes dépressifs.
En tout, 10 publications ont regroupé 14 études différentes réunissant 6.262 participants. De celles-ci, 10 concernaient les AINS (n=4258) et 4 des inhibiteurs de cytokines (n=2004). L'analyse cumulée suggère effectivement que les anti-inflammatoires réduisent les symptômes dépressifs comparativement au placebo. Cet effet est observé dans les études incluant des patients avec dépression ou présentant des symptômes dépressifs. De manière assez interpelante, les chercheurs ont découvert dans des sous-analyses que l'inhibiteur sélectif de la cyclo-oxygénase, célécoxib, présentait des propriétés antidépressives tant en rémission que par rapport à la réponse au traitement. Concernant les 6 études rapportant des effets secondaires indésirables, les chercheurs n'ont pas trouvé de preuves d'augmentation des troubles cardiovasculaires ou gastro-intestinaux après 6 semaines, ou d'infections avec les anti-inflammatoires par rapport au placebo.
Cette analyse suggère donc bien que les anti-inflammatoires possèdent une activité antidépressive, surtout le célécoxib. Cependant, les auteurs soulignent également les biais possibles et l'extrême hétérogénéité des données. Néanmoins, outre la présence d'autres contre-indications, rien n'empêche a priori de traiter un patient dépressif ou avec des symptômes dépressifs par anti-inflammatoires.