Vers un renouveau des thiazolidinediones ?
Une équipe américaine pense avoir trouvé un moyen de contrôler la croissance des cellules cancéreuses pulmonaires.
Ii y a presque 20 ans de cela, une équipe de GSK montrait que les glitazones étaient de puissants activateurs sélectifs de PPARγ (peroxisome proliferation-activated receptor gamma), une protéine qui participe à la régulation du métabolisme du glucose et des lipides dans les cellules normales (JM Lehman et al. J Biol Chem 1995;270:12953-6) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/7768881.
Une équipe texane a eu l'idée d'étudier les modifications métaboliques générées par l'activation de PPARγ sur des cellules tumorales de cancer du poumon. En cas de cancer, le métabolisme cellulaire est très souvent altéré, et ces chercheurs ont pu constater qu'une activation de PPARγ induite par la pioglitazone envenimait encore la situation.
En effet, d'une part cette activation majore la production de radicaux libres, tout particulièrement des radicaux oxygénés libres, substances connues pour générer un stress oxydatif, d'autre part elle engendre des modifications métaboliques qui diminuent la résistance de la cellule à ce stress oxydatif (diminution des taux de glutathion, notamment).
La résultante est une sérieuse entrave à la division cellulaire qui s'est traduite par la mort des cellules cancéreuses pulmonaires cultivées in vitro et par une inhibition quasi complète de la croissance tumorale chez la souris. Des résultats similaires ont été constatés sur des cellules provenant de cancer du sein.
Selon les chercheurs, l'élucidation de ces mécanismes devrait permettre de repérer les tumeurs qui sont le plus susceptibles de tirer profit de l'activation de PPARγ par les glitazones, l'idée initiale étant d'utiliser cette technique en complément de la chimiothérapie de façon à renforcer son efficacité sans majorer la toxicité.