Horaires décalés et jet-lag favorisent l'obésité
Le travail en horaires décalés et de nuit ainsi que le jet-lag perturbent fortement l'activité de la flore intestinale et la modification constante de l'horloge interne circadienne (rythmes biologiques de 24 heures) entraîne un accroissement du risque d'obésité.
Pour cette étude d'immunologie, les chercheurs israéliens ont d'abord soumis des souris à un décalage horaire de 8 heures. Il ont constaté que ce décalage a perturbé complètement le fonctionnement des bactéries de leur intestin. Celles-ci sont devenues beaucoup moins efficaces dans certaines tâches comme la croissance cellulaire, la réparation de l'ADN ou la désintoxication des cellules. Du coup, les souris sont devenues beaucoup plus sujettes à l'obésité et au diabète.
Pour démontrer que la hausse du risque de ces maladies est bien liée aux changements dans la flore intestinale, le Pr Elinav et son équipe ont transféré les bactéries mises en cause dans les corps de souris dont les rythmes biologiques n'ont pas été perturbés. Et ces dernières ont aussi développé un risque accru d'obésité et de diabète.
Les scientifiques ont encore étudié la flore intestinale de deux personnes qui voyagent régulièrement entre l'Ouest des États-Unis, ce qui induit un décalage horaire de 8 à 10 heures. Ils ont à nouveau observé des changements dans la composition microbienne intestinale des deux volontaires, en particulier une forte représentation de la famille des Firmicutes, des bactéries associées à un plus grand risque d'obésité et de désordres métaboliques chez l'Homme.
Point positif : le phénomène est réversible. Le microbiome intestinal redevient normal après quelques semaines d'un mode de vie plus réglé.