Le MR souffle le texte à ses mandataires pour contrer " les slogans hostiles "

Si le PS a envahi l'espace public avec une armada de communication, le MR a, lui, décidé d'armer ses troupes de... contre-arguments. Olivier Chastel, le nouveau président, a envoyé aux mandataires locaux un plaidoyer d'une dizaine de pages intitulé " Éléments de réponse et de langage face aux attaques et slogans hostiles ". Le document consacre naturellement un large chapitre aux décisions du gouvernement Michel en matière de santé.
Le MR a décidément le chic pour les économies. Alors que le Parti socialiste a déboursé quelques dizaines de milliers d'euros pour mener une offensive de com à l'encontre de cet " injuste gouvernement MR-N-VA ", les libéraux ont eux investi dans un argumentaire de onze pages en fichier PDF.
Le fraîchement émoulu président des réformateurs, Olivier Chastel, a adressé à l'ensemble de ses mandataires locaux un plaidoyer intitulé " Éléments de réponse et de langage face aux attaques et slogans hostiles ". Le document passe en revue les accusations prétendument infondées mais rebattues par l'opposition dans les médias.
On y évoque ainsi un " saut d'index permettant d'éviter les coupes sombres dans les budgets de l'enseignement promises par le gouvernement PS-cdH en Fédération Wallonie-Bruxelles ". On y aborde la réforme fiscale en prenant soin de rappeler que les socialistes plaidaient en faveur d'" un nouvel impôt sur tous les loyers, ce qui aurait engendré une hausse des loyers ". On y réagit encore aux effets de manchette " la culture mise au pain sec " par la suédoise en soulignant que " c'est le PS qui a été en charge de ce secteur sinistré pendant plus de 10 ans ".
Ce bréviaire du MR consacre naturellement un large chapitre aux décisions du gouvernement Michel en matière de santé.
" Le gouvernement ne va pas couper dans le budget de la santé "
Le MR propose à ses élus de signaler que " le budget soins de santé de 2015 sera fixé au plus près des prévisions de dépenses réelles, diminuées d'un montant d'économies qui sera d'un ordre de grandeur de celles qui ont été décidées les années précédentes et qui seront réparties de la manière la plus équilibrée possible entre les différents secteurs ".
Évidemment, il s'agira de corriger la trajectoire de croissance du gouvernement sortant qui réalisait des " économies en ne finançant tout simplement pas une partie importante de cette norme. En réalité, la progression des dépenses était bien moindre. En l'occurrence, le total des dépenses va donc bien augmenter en 2015 par rapport à 2014 ! ", poursuit le document.
Le président des libéraux veut également couper les ailes aux vilains canards qui prétendaient que " l'harmonisation des tickets modérateurs pour les consultations chez les spécialistes va faire grimper le coût des soins de santé pour le patient ".
Le plaidoyer du MR insiste sur la complexité et le manque de transparence du ticket modérateur, opacité reconnue par le Centre fédéral d'expertise pour les soins de santé (KCE). " Le système de ticket modérateur chez le spécialiste sera pour cette raison harmonisé (...) Il n'est évidemment question nulle part de 45% d'augmentation du coût pour le patient, sauf si on prend le cas extrême de la consultation (peu courante au demeurant !) chez un anesthésiste par un non bénéficiaire de l'intervention majorée ! "
Les montants fixes de 3 euros pour les titulaires du régime préférentiel et de 12 euros pour les autres ont ainsi " un effet de frein optimal, de sorte que les gens qui ont besoin des soins les plus urgents peuvent obtenir les meilleurs soins ".
Quant au report du système du tiers-payant obligatoire, le MR justifie cette décision par le retard pris par l'exécution de la loi et la volonté de la coalition d'introduire progressivement l'application à partir du 1er juillet prochain au vu du risque notamment de dérapage budgétaire,
" Tous les médecins peuvent déjà appliquer le système du tiers-payant lorsque le patient le demande ou si le médecin l'estime nécessaire et notamment pour des raisons sociales et financières. Aucun médecin ne refuse de soigner un patient pour des raisons financières ", sent bon de préciser l'argumentaire.
Le MR note enfin que l'obligation du tiers-payant risque d'inciter à la surconsommation. Tant dans le chef du médecin, le tiers-payant pourrait rendre payants toute une série d'actes actuellement gratuits sans compter la tentation plus grande de faire " tourner la planche à attestations de soins ", que dans le chef du patient, qui ne se rend plus compte que l'assurance maladie a un coût. " Il est déresponsabilisé. "