Des solutions se dessinent pour ne pas sacrifier 300 jeunes médecins

Des solutions pour résoudre le problème des étudiants francophones en médecine qui ne pourront recevoir un numéro Inami ont été avancées ce week-end de part et d'autre de la frontière linguistique. Si les formules proposées sont différentes, les responsables médicaux et académiques estiment que ces futurs médecins victimes de décisions prises au-dessus d'eux ne peuvent être sacrifiés.
La RTBF et RTL-TVI ont consacré leur débat dominical à ce dossier. Dans son édition de vendredi, "Le Soir" a exposé la solution préconisée par le Collège des doyens des facultés de médecine francophone.
A court terme, de manière "réaliste", les doyens proposent d'instaurer un examen d'entrée aux études dès la rentrée 2015, comme le fait la Flandre depuis de nombreuses années. En échange, le numerus clausus à la fin des études serait suspendu. Le temps presse, a souligné le président de ce Collège, Yvon Englert. La solution doit être trouvée avant la fin de l'année.
Les doyens francophones présentent cette formule comme un compromis avec la Flandre. A leurs yeux, il faudra un jour mettre fin au système du numerus clausus inadapté à la réalité de la pratique médicale et au regard de l'Europe d'aujourd'hui où les médecins peuvent s'installer librement dans un autre pays. Ils proposent un mécanisme reposant sur une loi d'installation à la manière de ce qui se fait pour les pharmacies. Si une pénurie est constatée à un endroit, une place est ouverte et les médecins peuvent se porter candidats sur la base de leur formation et de leur expérience.
Du côté flamand, le vice-doyen de la faculté de médecine de Gand et membre de la Commission de planification de l'offre médicale, Jan De Maeseneer, a insisté sur la nécessité d'"optimiser" la planification. Il a lui aussi préconisé l'instauration d'un examen avant le début de la première année de médecine mais "pour respecter l'effort flamand" (en Flandre, le nombre d'étudiants concernés par le problème est beaucoup moins important), il demande que la cohorte d'étudiants admis du côté francophone soit réduite pendant dix ans de cent unités.
Les détracteurs du système actuel, mis en place en 1997, invoquent la pénurie de médecins constatée dans certaines spécialités, dont la médecine générale, et dans certains endroits, en particulier les quartiers denses des grandes agglomérations et les zones rurales.
Au mois de décembre, l'ancienne ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), avait fait passer au conseil des ministres un arrêté royal qui supprimait à terme le contingentement de l'offre médicale dans les spécialités en pénurie. Le gouvernement flamand de l'époque a bloqué le point et l'a inscrit au comité de concertation.
"Il n'y a pas trop de médecins. Il n'y en a pas assez et cette limitation est ridicule", a lancé la nouvelle figure de proue de l'opposition socialiste.